Journal d'un photographe

Que reste-t-il de notre memoire si ce n'est une photographie.
Copyright Alain Keler
http://alain-keler.tumblr.com/                 Journal d’un photographe.
Samedi 1er septembre 1979.
« Le pèlerinage des gitans à Lourdes. Suite.
Du premier au six septembre, 5000 gitans se sont rassemblés à Lourdes pour leur pèlerinage annuel, le 23ème du genre. Et une fois encore, les gens du voyage ont prouvé qu’ils n’étaient pas des pèlerins comme les autres. À la solennité de certaines cérémonies religieuses, ils préfèrent toujours la communion dans la joie et l’émotion ». Légende Sygma.
Lundi 1er septembre 2014.
Le vrombissement du métro dans le tunnel en courbe entre les stations saint-Lazare et Miromesnil me ramène à la réalité. La ville devrait se réveiller et redevenir un peu plus tonique. Demain c’est la rentrée des classes après celle des professeurs aujourd’hui. Je ne suis plus concerné depuis longtemps mais cela me fait toujours la même chose. Je savoure ce jour car je n’ai pas à rentrer en classe. L’école, puis le lycée ont du créer chez moi un véritable traumatisme pour que tant d’années après j’y pense toujours en ces termes.
Ma réalité d’aujourd’hui c’est le rendez-vous avec mon conseiller de banque, et cet après-midi mon dentiste.
Une fois descendu du métro, sur le quai, le bruit assourdissant de la rame continue pendant une bonne trentaine de secondes, puis disparaît d’un seul coup, comme happé par le trou noir du tunnel. À la sortie de la station, en haut des escaliers, à droite, un homme est assis, un gobelet en plastique devant lui, attendant une hypothétique obole. Soudainement la réalité revient au grand galop. Sur l’avenue, dehors, la circulation est encore clairsemée. Une terrasse en lattes de bois empiète sur le grand trottoir du boulevard. Elle est presque remplie. Une sirène de voiture de police rompt le calme relatif de l’endroit. Un peu plus loin, une grand-mère s’adresse à son petit-fils : « tu as déjà deux avions et je t’ai ramené une moto », sorte de constat sans appel à l’égard de l’enfant qui finit par approuver la sagesse de sa grand-mère en prononçant un « oui » net d’une petite voix correspondant à son très jeune âge.
Ligne 13 pour le retour. Je trouve immédiatement une place assise, chose d’une extrême rareté sur cette ligne.
Je rentre à la maison et je me fais cuire des coquillettes. Au beurre et au sel de Guérande ! Avec un hamburger.

Week-end-end culturel !
Samedi cinéma. Winter sleep, magnifique huis clos entre trois personnages vivant en Anatolie centrale. Plus de trois heures. Trente minutes de trop. Peut-être aurions nous du aller à une séance du début d’après-midi !
Dimanche photo. La MEP : dernier jour de l’exposition Françoise Huguier. Remarquable travail d’une super photographe. Elle est présente pour aller à la rencontre des visiteurs. Nous allons prendre un café dehors et tchatchons longtemps.

http://alain-keler.tumblr.com/                 Journal d’un photographe.

Samedi 1er septembre 1979.

« Le pèlerinage des gitans à Lourdes. Suite.

Du premier au six septembre, 5000 gitans se sont rassemblés à Lourdes pour leur pèlerinage annuel, le 23ème du genre. Et une fois encore, les gens du voyage ont prouvé qu’ils n’étaient pas des pèlerins comme les autres. À la solennité de certaines cérémonies religieuses, ils préfèrent toujours la communion dans la joie et l’émotion ». Légende Sygma.

Lundi 1er septembre 2014.

Le vrombissement du métro dans le tunnel en courbe entre les stations saint-Lazare et Miromesnil me ramène à la réalité. La ville devrait se réveiller et redevenir un peu plus tonique. Demain c’est la rentrée des classes après celle des professeurs aujourd’hui. Je ne suis plus concerné depuis longtemps mais cela me fait toujours la même chose. Je savoure ce jour car je n’ai pas à rentrer en classe. L’école, puis le lycée ont du créer chez moi un véritable traumatisme pour que tant d’années après j’y pense toujours en ces termes.

Ma réalité d’aujourd’hui c’est le rendez-vous avec mon conseiller de banque, et cet après-midi mon dentiste.

Une fois descendu du métro, sur le quai, le bruit assourdissant de la rame continue pendant une bonne trentaine de secondes, puis disparaît d’un seul coup, comme happé par le trou noir du tunnel. À la sortie de la station, en haut des escaliers, à droite, un homme est assis, un gobelet en plastique devant lui, attendant une hypothétique obole. Soudainement la réalité revient au grand galop. Sur l’avenue, dehors, la circulation est encore clairsemée. Une terrasse en lattes de bois empiète sur le grand trottoir du boulevard. Elle est presque remplie. Une sirène de voiture de police rompt le calme relatif de l’endroit. Un peu plus loin, une grand-mère s’adresse à son petit-fils : « tu as déjà deux avions et je t’ai ramené une moto », sorte de constat sans appel à l’égard de l’enfant qui finit par approuver la sagesse de sa grand-mère en prononçant un « oui » net d’une petite voix correspondant à son très jeune âge.

Ligne 13 pour le retour. Je trouve immédiatement une place assise, chose d’une extrême rareté sur cette ligne.

Je rentre à la maison et je me fais cuire des coquillettes. Au beurre et au sel de Guérande ! Avec un hamburger.

Week-end-end culturel !

Samedi cinéma. Winter sleep, magnifique huis clos entre trois personnages vivant en Anatolie centrale. Plus de trois heures. Trente minutes de trop. Peut-être aurions nous du aller à une séance du début d’après-midi !

Dimanche photo. La MEP : dernier jour de l’exposition Françoise Huguier. Remarquable travail d’une super photographe. Elle est présente pour aller à la rencontre des visiteurs. Nous allons prendre un café dehors et tchatchons longtemps.

http://alain-keler.tumblr.com/                 Journal d’un photographe.
Vendredi 31 août 1979.
« Le pèlerinage des gitans à Lourdes.
Du premier au six septembre, 5000 gitans se sont rassemblés à Lourdes pour leur pèlerinage annuel, le 23ème du genre. Et une fois encore, les gens du voyage ont prouvé qu’ils n’étaient pas des pèlerins comme les autres. À la solennité de certaines cérémonies religieuses, ils préfèrent toujours la communion dans la joie et l’émotion ».   Légende Sygma.
Trente-cinq ans jour pour jour (si l’on prend le jour comme référence, et non la date, sinon il manque deux jours !) que j’ai fait cette photo. Le statut des gens du voyage a un tout petit peu évolué ces dernières années. Mais ils sont encore considérés comme des citoyens de seconde classe et souvent traités comme tel.
« Ainsi, la catégorie « gens du voyage » est construite pour occulter officiellement l’ethnicité des groupes qu’elle désigne, pour lui substituer le préjugé ancestral de groupe marginal, délinquant, criminel : elle stigmatise le groupe ethnique dans son ensemble en attribuant la mobilité définie comme problématique à l’ensemble des Tsiganes que cette catégorie sert en réalité à désigner alors que seuls deux tiers des Tsiganes en France et 10% en Europe sont nomades ».*
 Vendredi 29 août 2014.
Sur la jolie petite place Gustave Toudouze, dans le 9ème arrondissement de Paris, il y a 6 restaurants, tous ouverts. Il y a aussi 6 terrasses, pleines à craquer à 14 heures. Il y a aussi un kiosque à journaux, ouvert, me semble-t-il 7 jours sur 7. À ses côtés, un vide bouteille nouvelle formule, souvent plein. On s’en aperçoit au nombre de bouteilles qui n’ont pas pu trouver de place dans la machine et qui ont été placées tout autour.
Métro Pigalle, ligne 2. L’indicateur de temps installé en milieu de station ne semble pas marcher correctement. Des annonces se succèdent avec des doubles croix lumineuses, ou des indications erronées qui clignotent et qui semblent dire qu’il y a un problème sur la ligne. Je dis bien « semblent » car il n’y a aucun métro et des quais qui se remplissent de voyageurs. Surtout pas d’explications, cela serait trop beau.
Soudain les rames arrivent, de chaque côté. Je monte, puis rien. Une nouvelle attente. Je feuillette Libé et Le Monde, que je viens d’acheter. Je les achète encore tous les jours. Cela me fait un vrai budget car la presse en France est chère. Mais j’aime ouvrir ces journaux, regarder d’abord très vite les titres, puis revenir sur un article qui m’intéresse. J’ai l’impression que c’est une matière vivante. Je les touche, je les renifle car j’aime l’odeur du papier chargé d’encre. Je ne renifle pas mon écran d’ordinateur.
Je me rends chez Marie Lan et Olli Bery, des éditions Seriti. Nous travaillons sur un projet de livre qui reprendra l’essentiel de mon travail personnel. Marie est la conceptrice du projet. Elle a une manière très subtile associer les photos. Nous avons beaucoup de travail devant nous. Elle me montre l’avancement des associations de photos qu’elle fait. Seul, je n’aurai jamais pensé présenter un projet de la sorte, et d’ailleurs je pense que la majeure partie des éditeurs non plus. J’apprécie sa démarche.

 
* source : http://books.openedition.org/editionsmsh/844?lang=fr

 

http://alain-keler.tumblr.com/                 Journal d’un photographe.

Vendredi 31 août 1979.

« Le pèlerinage des gitans à Lourdes.

Du premier au six septembre, 5000 gitans se sont rassemblés à Lourdes pour leur pèlerinage annuel, le 23ème du genre. Et une fois encore, les gens du voyage ont prouvé qu’ils n’étaient pas des pèlerins comme les autres. À la solennité de certaines cérémonies religieuses, ils préfèrent toujours la communion dans la joie et l’émotion ».   Légende Sygma.

Trente-cinq ans jour pour jour (si l’on prend le jour comme référence, et non la date, sinon il manque deux jours !) que j’ai fait cette photo. Le statut des gens du voyage a un tout petit peu évolué ces dernières années. Mais ils sont encore considérés comme des citoyens de seconde classe et souvent traités comme tel.

« Ainsi, la catégorie « gens du voyage » est construite pour occulter officiellement l’ethnicité des groupes qu’elle désigne, pour lui substituer le préjugé ancestral de groupe marginal, délinquant, criminel : elle stigmatise le groupe ethnique dans son ensemble en attribuant la mobilité définie comme problématique à l’ensemble des Tsiganes que cette catégorie sert en réalité à désigner alors que seuls deux tiers des Tsiganes en France et 10% en Europe sont nomades ».*

 Vendredi 29 août 2014.

Sur la jolie petite place Gustave Toudouze, dans le 9ème arrondissement de Paris, il y a 6 restaurants, tous ouverts. Il y a aussi 6 terrasses, pleines à craquer à 14 heures. Il y a aussi un kiosque à journaux, ouvert, me semble-t-il 7 jours sur 7. À ses côtés, un vide bouteille nouvelle formule, souvent plein. On s’en aperçoit au nombre de bouteilles qui n’ont pas pu trouver de place dans la machine et qui ont été placées tout autour.

Métro Pigalle, ligne 2. L’indicateur de temps installé en milieu de station ne semble pas marcher correctement. Des annonces se succèdent avec des doubles croix lumineuses, ou des indications erronées qui clignotent et qui semblent dire qu’il y a un problème sur la ligne. Je dis bien « semblent » car il n’y a aucun métro et des quais qui se remplissent de voyageurs. Surtout pas d’explications, cela serait trop beau.

Soudain les rames arrivent, de chaque côté. Je monte, puis rien. Une nouvelle attente. Je feuillette Libé et Le Monde, que je viens d’acheter. Je les achète encore tous les jours. Cela me fait un vrai budget car la presse en France est chère. Mais j’aime ouvrir ces journaux, regarder d’abord très vite les titres, puis revenir sur un article qui m’intéresse. J’ai l’impression que c’est une matière vivante. Je les touche, je les renifle car j’aime l’odeur du papier chargé d’encre. Je ne renifle pas mon écran d’ordinateur.

Je me rends chez Marie Lan et Olli Bery, des éditions Seriti. Nous travaillons sur un projet de livre qui reprendra l’essentiel de mon travail personnel. Marie est la conceptrice du projet. Elle a une manière très subtile associer les photos. Nous avons beaucoup de travail devant nous. Elle me montre l’avancement des associations de photos qu’elle fait. Seul, je n’aurai jamais pensé présenter un projet de la sorte, et d’ailleurs je pense que la majeure partie des éditeurs non plus. J’apprécie sa démarche.

 

* source : http://books.openedition.org/editionsmsh/844?lang=fr

 

http://alain-keler.tumblr.com/                  Journal d’un photographe.
Mardi 14 août 1979.
Sujet sur les français en vacances. Suite. Tourisme, secours, sécurité sur les plages. Je passe de la Bretagne aux Landes. Plage de Biscarosse. Le temps est maussade. Baignade sans doute interdite. La mer peut-être très mauvaise dans le golfe de Gascogne. Des motards viennent l’admirer.
Jeudi 28 août 2014.
10 h 22 : la météo pour aujourd’hui dit : couvert. Bruine en fin de matinée. Risques de précipitation 87%. Le soleil cherche à percer les nuages au-dessus de Paris.
Dans le métro, mon premier violoniste de la rentrée. Il écorche les Danses Hongroises de Brahms.
Apéro chez R. Il se déplace seul, difficilement, mais il y arrive, alors qu’il y a deux semaines cela lui était presque impossible. Il y a aussi X, photographe que je connais depuis longtemps, mais avec lequel je n’avais encore jamais partagé de moment convivial. J’ai ouvert la bouteille de Brouilly qui était sur la table. Le soleil a fini par percer l’épaisseur des nuages parisiens. Il vient nous tenir compagnie. C’est de bon augure. R descend seul les escaliers, mais à l’étage il a besoin de s’asseoir sur la chaise roulante pour se reposer. C’est dans sa chaise qu’il nous accompagne au restaurant.
Il a sa chimio tous les mercredis. Le lendemain et le surlendemain, il est en forme, comme dopé. Ensuite la fatigue reprend le dessus, pour plusieurs jours.
Je marche vers République. Je croise la rue de la Folie Méricourt. Il y a très longtemps le père de mon oncle Charles y avait un salon de coiffure, où mon père m’y trainait de temps en temps. La tonte était radicale. Je devais ressembler à tous ces mecs qu’on voit aujourd’hui dans les manifs de droite. Sauf que je devais avoir une dizaine d’années et que je ne manifestais pas. De toutes manières, jamais je n’irai dans une manifestation de droite. Mon père avait dans son sac un deuxième salon, rue Saulnier. Même coupe. Même effet. Depuis que je suis en âge de me payer un coiffeur, je refuse d’y aller. C’est un moyen d’économiser, et surtout de ne pas avoir l’air trop ridicule. J’ai toujours mis mes copines du moment à contribution.
Il fait bon place de la République, même si les nuages ont repris le dessus sur le soleil. Il s’est montré au bon moment, pour encourager R.

http://alain-keler.tumblr.com/                  Journal d’un photographe.

Mardi 14 août 1979.

Sujet sur les français en vacances. Suite. Tourisme, secours, sécurité sur les plages. Je passe de la Bretagne aux Landes. Plage de Biscarosse. Le temps est maussade. Baignade sans doute interdite. La mer peut-être très mauvaise dans le golfe de Gascogne. Des motards viennent l’admirer.

Jeudi 28 août 2014.

10 h 22 : la météo pour aujourd’hui dit : couvert. Bruine en fin de matinée. Risques de précipitation 87%. Le soleil cherche à percer les nuages au-dessus de Paris.

Dans le métro, mon premier violoniste de la rentrée. Il écorche les Danses Hongroises de Brahms.

Apéro chez R. Il se déplace seul, difficilement, mais il y arrive, alors qu’il y a deux semaines cela lui était presque impossible. Il y a aussi X, photographe que je connais depuis longtemps, mais avec lequel je n’avais encore jamais partagé de moment convivial. J’ai ouvert la bouteille de Brouilly qui était sur la table. Le soleil a fini par percer l’épaisseur des nuages parisiens. Il vient nous tenir compagnie. C’est de bon augure. R descend seul les escaliers, mais à l’étage il a besoin de s’asseoir sur la chaise roulante pour se reposer. C’est dans sa chaise qu’il nous accompagne au restaurant.

Il a sa chimio tous les mercredis. Le lendemain et le surlendemain, il est en forme, comme dopé. Ensuite la fatigue reprend le dessus, pour plusieurs jours.

Je marche vers République. Je croise la rue de la Folie Méricourt. Il y a très longtemps le père de mon oncle Charles y avait un salon de coiffure, où mon père m’y trainait de temps en temps. La tonte était radicale. Je devais ressembler à tous ces mecs qu’on voit aujourd’hui dans les manifs de droite. Sauf que je devais avoir une dizaine d’années et que je ne manifestais pas. De toutes manières, jamais je n’irai dans une manifestation de droite. Mon père avait dans son sac un deuxième salon, rue Saulnier. Même coupe. Même effet. Depuis que je suis en âge de me payer un coiffeur, je refuse d’y aller. C’est un moyen d’économiser, et surtout de ne pas avoir l’air trop ridicule. J’ai toujours mis mes copines du moment à contribution.

Il fait bon place de la République, même si les nuages ont repris le dessus sur le soleil. Il s’est montré au bon moment, pour encourager R.

http://alain-keler.tumblr.com/             Journal d’un photographe.
Lundi 13 août 1979.
Sujet sur les français en vacances. Suite. Tourisme, secours, sécurité sur les plages. Je passe de la Bretagne aux Landes. Plage de Biscarosse. Une jeune femme a été sauvée de la noyade par les CRS. Drame de la vie. Celui-ci s’est bien terminé. Elle se repose. J’essaie de me faire tout petit.
Mercredi 27 août 2014.
Il a plu une partie de la nuit. J’aime cela parce que je suis au chaud et que la pluie me fait dormir. Je ne pense pas à tous ceux qui n’ont pas de toit, pas d’argent. Qui sont dehors.
Libé ce matin, dans le métro. J’adore les papiers « écrans et medias du duo Raphaël Garrigos et isabelle Roberts. Aujourd’hui c’est la rentrée de France Télévisions avec Rémy Pflimlin. Extraits : « On n’entend rien. En fait, on n’écoute plus. À chaque conférence de presse, la même litanie de litotes et le même sabir marketing destinés à faire avaler au journaliste que la nouvelle grille, c’est du caviar. Et nos culs, du poulet, serait-on tenté d’ajouter »…ou alors « nous avons un rapport de confiance et un rapport ritualisé » ou « le dialogue social reste dense mais extrêmement productif » ou « on n’est pas au niveau de la chronique de ressources », de la bouche de responsables qui aiment s’entendre parler mais qui ne disent rien de très intelligent.

Je préfère photographier. On sait pourquoi on le fait et notre travail. Il a une véritable signification. Nous ne parlons pas pour ne rien dire. Nous ne parlons pas du tout d’ailleurs. Nous photographions. La vie, la vraie vie.

http://alain-keler.tumblr.com/             Journal d’un photographe.

Lundi 13 août 1979.

Sujet sur les français en vacances. Suite. Tourisme, secours, sécurité sur les plages. Je passe de la Bretagne aux Landes. Plage de Biscarosse. Une jeune femme a été sauvée de la noyade par les CRS. Drame de la vie. Celui-ci s’est bien terminé. Elle se repose. J’essaie de me faire tout petit.

Mercredi 27 août 2014.

Il a plu une partie de la nuit. J’aime cela parce que je suis au chaud et que la pluie me fait dormir. Je ne pense pas à tous ceux qui n’ont pas de toit, pas d’argent. Qui sont dehors.

Libé ce matin, dans le métro. J’adore les papiers « écrans et medias du duo Raphaël Garrigos et isabelle Roberts. Aujourd’hui c’est la rentrée de France Télévisions avec Rémy Pflimlin. Extraits : « On n’entend rien. En fait, on n’écoute plus. À chaque conférence de presse, la même litanie de litotes et le même sabir marketing destinés à faire avaler au journaliste que la nouvelle grille, c’est du caviar. Et nos culs, du poulet, serait-on tenté d’ajouter »…ou alors « nous avons un rapport de confiance et un rapport ritualisé » ou « le dialogue social reste dense mais extrêmement productif » ou « on n’est pas au niveau de la chronique de ressources », de la bouche de responsables qui aiment s’entendre parler mais qui ne disent rien de très intelligent.

Je préfère photographier. On sait pourquoi on le fait et notre travail. Il a une véritable signification. Nous ne parlons pas pour ne rien dire. Nous ne parlons pas du tout d’ailleurs. Nous photographions. La vie, la vraie vie.

http://alain-keler.tumblr.com/                Journal d’un photographe.
Dimanche 12 août 1979.
Sujet sur les français en vacances. Tourisme, secours, sécurité sur les plages. Je passe de la Bretagne aux Landes. Plage de Biscarosse, un jour de mauvais temps. C’est un jeu pratiqué dans le monde entier de s’approcher des vagues et de rester jusqu’à ce que l’eau s’approche le plus possible. Les parents adorent, les enfants pas toujours.
Mardi 26 août 2014.
Je vais à la poste pour envoyer une photo de Enrico Berlinguer à un photographe italien qui vit à Londres. La photo date de 1976. Il l’avait vue dans ce journal publié le 17 octobre 2013 (http://alain-keler.tumblr.com/post/64286578415/http-alain-keler-tumblr-com). Ce photographe vient d’une famille « politiquement active » et il souhaitait avoir un tirage pour un mur de sa maison italienne !
J’ai eu mon copain R. au téléphone. Je vais sans doute déjeuner avec lui jeudi. Il a un cancer et est très faible, mais d’attaque contre cette terrible maladie. Ma cousine C. rentre aujourd’hui à l’hôpital pour se faire opérer d’un cancer. C’est aussi une battante, mais je l’ai trouvé anxieuse dans son dernier SMS. Il y a de quoi.

Je suis toujours bronzé. Ca devrait rester encore quelques jours. Après, on verra. Si mes pensées se limitent à cela, peut-être que je vivrai vieux, mais je ne suis pas certain de vouloir vivre vieux. Quand la machine se dérègle, c’est dur de la remettre en état de marche.

http://alain-keler.tumblr.com/                Journal d’un photographe.

Dimanche 12 août 1979.

Sujet sur les français en vacances. Tourisme, secours, sécurité sur les plages. Je passe de la Bretagne aux Landes. Plage de Biscarosse, un jour de mauvais temps. C’est un jeu pratiqué dans le monde entier de s’approcher des vagues et de rester jusqu’à ce que l’eau s’approche le plus possible. Les parents adorent, les enfants pas toujours.

Mardi 26 août 2014.

Je vais à la poste pour envoyer une photo de Enrico Berlinguer à un photographe italien qui vit à Londres. La photo date de 1976. Il l’avait vue dans ce journal publié le 17 octobre 2013 (http://alain-keler.tumblr.com/post/64286578415/http-alain-keler-tumblr-com). Ce photographe vient d’une famille « politiquement active » et il souhaitait avoir un tirage pour un mur de sa maison italienne !

J’ai eu mon copain R. au téléphone. Je vais sans doute déjeuner avec lui jeudi. Il a un cancer et est très faible, mais d’attaque contre cette terrible maladie. Ma cousine C. rentre aujourd’hui à l’hôpital pour se faire opérer d’un cancer. C’est aussi une battante, mais je l’ai trouvé anxieuse dans son dernier SMS. Il y a de quoi.

Je suis toujours bronzé. Ca devrait rester encore quelques jours. Après, on verra. Si mes pensées se limitent à cela, peut-être que je vivrai vieux, mais je ne suis pas certain de vouloir vivre vieux. Quand la machine se dérègle, c’est dur de la remettre en état de marche.

http://alain-keler.tumblr.com/                 Journal d’un photographe.
Mardi 7 août 1979.
L’agence m’envoie travailler sur les français en vacances. J’irai dans différents lieux où sévissent nos compatriotes, mais je travaillerai aussi sur les secours et la sécurité sur les plages et la mer. Vaste sujet ! L’originalité n’est pas d’actualité avec la rédaction de Sygma, comme toutes les rédactions de France et de Navarre, et ce n’est pas aujourd’hui que cela changera. Mais je peux aussi m’en prendre à moi-même, je n’avais qu’à proposer des sujets plus originaux. Mais est-ce que les sujets originaux se vendent ? Réponse : rarement, car la presse de l’époque n’est pas originale. Et comme toujours, ce sont des magazines mal connus qui font la différence. Mais ils n’ont pas d’argent, donc on ne travaille pas avec eux. CQFD.
À Carnac, les alignements ne sont pas encore protégés, ou mal. Alors c’est plutôt drôle de monter dessus pour faire des photos de famille.
Lundi 25 août 2014.
C’est étrange. Je suis rentré sur Paris hier. Venant du bord de mer, j’ai eu l’impression d’arriver sur une autre planète. Tout me paraît grand. Même si la ville est sensée être encore vide de ses habitants, je trouve qu’il y a pas mal de monde dans les rues. Les rues, il y en a beaucoup aussi. J’avais oublié.
Aujourd’hui, j’ai renoué avec le métro. À la station Notre Dame de Lorette, avant de descendre sur le quai, il y avait cet homme qui fait la manche dans le quartier. Parfois, il disparaît quelques mois. Avant de partir en vacances je l’avais vu accompagner une personne âgée. Je pensais qu’il avait trouvé un petit travail, mais visiblement je m’étais trompé. Il m’a demandé si j’avais passé de bonnes vacances, où j’étais allé. Je suis rentré bronzé et je me sens très privilégié. Ses vacances, il a du les passer à faire la manche.
Il n’y a pas trop de monde dans le métro. À 15 heures 11, les quais de la station Concorde sont quasiment déserts. Dans la rame de la ligne 1, on ne se bouscule pas, même si les places assises sont toutes occupées. Les voyageurs sont en grande majorité des touristes. Finalement une place se libère. Je m’assois. Une voix d’homme annonce qu’en raison de travaux, aucune correspondance n’est assurée avec la ligne 7 à la station Palais royal Musée du Louvre. Puis une voix de femme annonce notre arrivée à la station suivante. Je préfère les voix de femmes à celles des hommes. Hier, dans ma voiture, je me suis quand même emporté contre Catherine, alias Arabella, la voix féminine de mon Tom Tom. Elle m’a planté en me faisant aller vers une direction que je souhaitais éviter. Je me suis réellement mis en colère contre elle. Je l’ai même insultée. Il faut le faire, insulter une chose virtuelle. Je devais être sans doute fatigué. Je me suis senti un peu ridicule après, même si mon unique témoin était Léo, mon fils, qui s’amusait beaucoup de ma colère.
Sur le quai de la station Hôtel de Ville, deux femmes s’embrassent chaleureusement. Elles n’avaient sans doute pas du se voir depuis longtemps. Je m’assois sur un banc pour écrire, la tête baissée sur mon carnet. J’aperçois trop tard une superbe paire de jambes qui prend un malin plaisir à aller vite, comme pour me fuir et provoquer le voyeur que je suis.
C’est Paris. Cela sent la fin des vacances. En haut d’un escalier, alors que je change de ligne, un homme assis, la tête baissée, vend des revues. Il est triste. J’avais presque oublié qu’il y a beaucoup de personnes qui ne partent pas en vacances.

 

http://alain-keler.tumblr.com/                 Journal d’un photographe.

Mardi 7 août 1979.

L’agence m’envoie travailler sur les français en vacances. J’irai dans différents lieux où sévissent nos compatriotes, mais je travaillerai aussi sur les secours et la sécurité sur les plages et la mer. Vaste sujet ! L’originalité n’est pas d’actualité avec la rédaction de Sygma, comme toutes les rédactions de France et de Navarre, et ce n’est pas aujourd’hui que cela changera. Mais je peux aussi m’en prendre à moi-même, je n’avais qu’à proposer des sujets plus originaux. Mais est-ce que les sujets originaux se vendent ? Réponse : rarement, car la presse de l’époque n’est pas originale. Et comme toujours, ce sont des magazines mal connus qui font la différence. Mais ils n’ont pas d’argent, donc on ne travaille pas avec eux. CQFD.

À Carnac, les alignements ne sont pas encore protégés, ou mal. Alors c’est plutôt drôle de monter dessus pour faire des photos de famille.

Lundi 25 août 2014.

C’est étrange. Je suis rentré sur Paris hier. Venant du bord de mer, j’ai eu l’impression d’arriver sur une autre planète. Tout me paraît grand. Même si la ville est sensée être encore vide de ses habitants, je trouve qu’il y a pas mal de monde dans les rues. Les rues, il y en a beaucoup aussi. J’avais oublié.

Aujourd’hui, j’ai renoué avec le métro. À la station Notre Dame de Lorette, avant de descendre sur le quai, il y avait cet homme qui fait la manche dans le quartier. Parfois, il disparaît quelques mois. Avant de partir en vacances je l’avais vu accompagner une personne âgée. Je pensais qu’il avait trouvé un petit travail, mais visiblement je m’étais trompé. Il m’a demandé si j’avais passé de bonnes vacances, où j’étais allé. Je suis rentré bronzé et je me sens très privilégié. Ses vacances, il a du les passer à faire la manche.

Il n’y a pas trop de monde dans le métro. À 15 heures 11, les quais de la station Concorde sont quasiment déserts. Dans la rame de la ligne 1, on ne se bouscule pas, même si les places assises sont toutes occupées. Les voyageurs sont en grande majorité des touristes. Finalement une place se libère. Je m’assois. Une voix d’homme annonce qu’en raison de travaux, aucune correspondance n’est assurée avec la ligne 7 à la station Palais royal Musée du Louvre. Puis une voix de femme annonce notre arrivée à la station suivante. Je préfère les voix de femmes à celles des hommes. Hier, dans ma voiture, je me suis quand même emporté contre Catherine, alias Arabella, la voix féminine de mon Tom Tom. Elle m’a planté en me faisant aller vers une direction que je souhaitais éviter. Je me suis réellement mis en colère contre elle. Je l’ai même insultée. Il faut le faire, insulter une chose virtuelle. Je devais être sans doute fatigué. Je me suis senti un peu ridicule après, même si mon unique témoin était Léo, mon fils, qui s’amusait beaucoup de ma colère.

Sur le quai de la station Hôtel de Ville, deux femmes s’embrassent chaleureusement. Elles n’avaient sans doute pas du se voir depuis longtemps. Je m’assois sur un banc pour écrire, la tête baissée sur mon carnet. J’aperçois trop tard une superbe paire de jambes qui prend un malin plaisir à aller vite, comme pour me fuir et provoquer le voyeur que je suis.

C’est Paris. Cela sent la fin des vacances. En haut d’un escalier, alors que je change de ligne, un homme assis, la tête baissée, vend des revues. Il est triste. J’avais presque oublié qu’il y a beaucoup de personnes qui ne partent pas en vacances.

 

http://alain-keler.tumblr.com/   Journal d’un photographe.
Juillet 1979.
C’est un mariage crétois. Il y a de la musique, beaucoup d’invités. Et les femmes. Certaines, plus âgées sont habillées en noir. Habit de deuil sans doute, tradition oblige. Et les autres, d’âge mur, et les plus jeunes qui sourient au photographe. C’est jour de fête. Je fais le tour de l’île avec ma copine. Il fait beau, il fait bon. Ce sont les vacances !
Les minoens sont la première civilisation européenne (3000 av. JC). Leur civilisation s’est étendue sur les îles de Crète et Santorin. Ce fut une civilisation matriarcale qui finit écrasée par les envahisseurs patriarcaux mycéniens (aryens, ancêtres des grecs) vers 1200 av J.C.*On dit que le Matriarcat minoen fut une société parfaite à l’origine de la civilisation européenne.

* source http://matricien.org/geo-hist-matriarcat/europe/minoen/

 

http://alain-keler.tumblr.com/   Journal d’un photographe.

Juillet 1979.

C’est un mariage crétois. Il y a de la musique, beaucoup d’invités. Et les femmes. Certaines, plus âgées sont habillées en noir. Habit de deuil sans doute, tradition oblige. Et les autres, d’âge mur, et les plus jeunes qui sourient au photographe. C’est jour de fête. Je fais le tour de l’île avec ma copine. Il fait beau, il fait bon. Ce sont les vacances !

Les minoens sont la première civilisation européenne (3000 av. JC). Leur civilisation s’est étendue sur les îles de Crète et Santorin. Ce fut une civilisation matriarcale qui finit écrasée par les envahisseurs patriarcaux mycéniens (aryens, ancêtres des grecs) vers 1200 av J.C.*On dit que le Matriarcat minoen fut une société parfaite à l’origine de la civilisation européenne.

* source http://matricien.org/geo-hist-matriarcat/europe/minoen/

 

http://alain-keler.tumblr.com/                   Journal d’un photographe.
Juillet 1979.

Nos vacances grecques continuent avec un séjour en Crète, cinquième plus grande île de la Méditerranée. Nous allons visiter des sites en plein air. Je préfère cela aux musées fermés. Marie Christine est prof. de français latin et grec classique. Elle se retrouve dans son élément. De mon côté, je recherche les scènes de la vie quotidienne. J’attends que quelque chose se passe, ou pas. Cela me décontracte.

http://alain-keler.tumblr.com/                   Journal d’un photographe.

Juillet 1979.

Nos vacances grecques continuent avec un séjour en Crète, cinquième plus grande île de la Méditerranée. Nous allons visiter des sites en plein air. Je préfère cela aux musées fermés. Marie Christine est prof. de français latin et grec classique. Elle se retrouve dans son élément. De mon côté, je recherche les scènes de la vie quotidienne. J’attends que quelque chose se passe, ou pas. Cela me décontracte.

http://alain-keler.tumblr.com/               Journal d’un photographe.
Juillet 1979.
Ile de Corfou. Suite de notre voyage avec Marie-Christine.
Sur la place centrale d’un petit village de l’ile, les hommes sont assis autour du pope qui semble s’interroger sur la présence de ce touriste qui photographie cette assemblée masculine. La Grèce ne rejoindra l’Union Européenne qu’en 1981. L’église orthodoxe grecque est encore toute puissante avec une population orthodoxe à 98%.
« L’orthodoxie est « religion dominante » selon l’article 1 de la constitution grecque, laquelle est promulguée « au nom de la simple et indivisible Trinité ». Les années scolaires commencent par une bénédiction. Depuis toujours, des icônes ornent la plupart des administrations publiques »…
Le mariage civil a été reconnu en 1982. Il n’est pas encore obligatoire.
« La mention de la religion sur la carte d’identité est supprimée à partir du 1er janvier 2001. Ainsi en a décidé le ministre grec de la Justice. Cette mention provoquait la polémique depuis plusieurs années, le ministre a estimé qu’elle était contraire à une loi sur la protection de l’individu, votée en 1997. La décision est révolutionnaire dans un pays où beaucoup considère que l’identité nationale repose sur l’orthodoxie.
La popularité de l’église auprès de la population grecque repose sur le souvenir des quatre siècles d’occupation ottomane, pendant lesquels l’église fut le seul conservatoire de la langue et de la culture grecque.  L’Église orthodoxe grecque a pratiquement le statut d’une Église d’Etat. La Constitution précise que « la religion dominante en Grèce est celle de l’Eglise orthodoxe orientale du Christ ». Les députés doivent prêter serment de fidélité à la patrie et à la démocratie au nom de la « sainte et indissoluble Trinité ». Les popes et tout le personnel de l’Église sont payés sur les fonds publics. L’instruction religieuse est au programme dans toutes les classes et fait l’objet d’une épreuve lors de l’examen de fin d’études. Les autres confessions sont définies comme des « cultes étrangers » et, fait unique en Europe, la religion est encore mentionnée sur la carte d’identité.  »*
 
 * Source http://www.bibliomonde.com/donnee/grece-etat-la-religion-315.html
 

 

http://alain-keler.tumblr.com/               Journal d’un photographe.

Juillet 1979.

Ile de Corfou. Suite de notre voyage avec Marie-Christine.

Sur la place centrale d’un petit village de l’ile, les hommes sont assis autour du pope qui semble s’interroger sur la présence de ce touriste qui photographie cette assemblée masculine. La Grèce ne rejoindra l’Union Européenne qu’en 1981. L’église orthodoxe grecque est encore toute puissante avec une population orthodoxe à 98%.

« L’orthodoxie est « religion dominante » selon l’article 1 de la constitution grecque, laquelle est promulguée « au nom de la simple et indivisible Trinité ». Les années scolaires commencent par une bénédiction. Depuis toujours, des icônes ornent la plupart des administrations publiques »…

Le mariage civil a été reconnu en 1982. Il n’est pas encore obligatoire.

« La mention de la religion sur la carte d’identité est supprimée à partir du 1er janvier 2001. Ainsi en a décidé le ministre grec de la Justice. Cette mention provoquait la polémique depuis plusieurs années, le ministre a estimé qu’elle était contraire à une loi sur la protection de l’individu, votée en 1997. La décision est révolutionnaire dans un pays où beaucoup considère que l’identité nationale repose sur l’orthodoxie.

La popularité de l’église auprès de la population grecque repose sur le souvenir des quatre siècles d’occupation ottomane, pendant lesquels l’église fut le seul conservatoire de la langue et de la culture grecque.  L’Église orthodoxe grecque a pratiquement le statut d’une Église d’Etat. La Constitution précise que « la religion dominante en Grèce est celle de l’Eglise orthodoxe orientale du Christ ». Les députés doivent prêter serment de fidélité à la patrie et à la démocratie au nom de la « sainte et indissoluble Trinité ». Les popes et tout le personnel de l’Église sont payés sur les fonds publics. L’instruction religieuse est au programme dans toutes les classes et fait l’objet d’une épreuve lors de l’examen de fin d’études. Les autres confessions sont définies comme des « cultes étrangers » et, fait unique en Europe, la religion est encore mentionnée sur la carte d’identité.  »*

 

 * Source http://www.bibliomonde.com/donnee/grece-etat-la-religion-315.html

 

 

http://alain-keler.tumblr.com/                 Journal d’un photographe.
Juillet 1979.
Des vacances toujours grecques. Je ne me souviens plus où j’ai pris cette photo d’enfants en train de danser, mais cela n’a pas d’importance. Sans doute une arrière salle de restaurant.
Travailler pour une agence impose des contraintes, alors je me lâchais un peu. Juste un peu, car les reflexes imposés par mon travail avaient la vie dure. J’en ressentirai toujours les conséquences de nombreuses années après avoir quitté Sygma.
En attendant, Marie-Christine et moi continuons notre périple amoureux grec. La révolution iranienne était toujours présente au travers de mes crises d’asthme plus nombreuses et plus fortes ! Nous réagissons chacun à notre manière aux évènements qui jalonnent notre vie. La violence à laquelle je fus confronté en Iran me fit sortir littéralement l’asthme qui devait stagner quelque part en moi. Il ne me quittera jamais. Je suppose que c’était le prix à payer pour la liberté que je m’octroyais. C’était sans doute un moindre mal.

Alors ce petit périple grec n’était pas volé. J’essayais de me poser un peu avant de repartir sous de nouveaux cieux et de nouveaux continents.

http://alain-keler.tumblr.com/                 Journal d’un photographe.

Juillet 1979.

Des vacances toujours grecques. Je ne me souviens plus où j’ai pris cette photo d’enfants en train de danser, mais cela n’a pas d’importance. Sans doute une arrière salle de restaurant.

Travailler pour une agence impose des contraintes, alors je me lâchais un peu. Juste un peu, car les reflexes imposés par mon travail avaient la vie dure. J’en ressentirai toujours les conséquences de nombreuses années après avoir quitté Sygma.

En attendant, Marie-Christine et moi continuons notre périple amoureux grec. La révolution iranienne était toujours présente au travers de mes crises d’asthme plus nombreuses et plus fortes ! Nous réagissons chacun à notre manière aux évènements qui jalonnent notre vie. La violence à laquelle je fus confronté en Iran me fit sortir littéralement l’asthme qui devait stagner quelque part en moi. Il ne me quittera jamais. Je suppose que c’était le prix à payer pour la liberté que je m’octroyais. C’était sans doute un moindre mal.

Alors ce petit périple grec n’était pas volé. J’essayais de me poser un peu avant de repartir sous de nouveaux cieux et de nouveaux continents.