Journal d'un photographe

Que reste-t-il de notre memoire si ce n'est une photographie.
Copyright Alain Keler
http://alain-keler.tumblr.com/                Journal d’un photographe.
Samedi 19 avril 2014.
Je vais à Cracovie avec deux polonais rencontrés pendant mon marathon pascal, et qui étaient venus faire un « workshop »photo organisé par une célèbre agence photo, sur le thème de la semaine sainte.
La ville est toujours aussi magnifique, même sous la pluie qui lui donne un air d’une autre époque. Tout ce que j’aime. Avec un très bon cappuccino polonais accompagné d’un merveilleux cheese-cake.
Le cheese-cake terminé, je me rends dans le quartier de Kazimierz, où l’on peut encore sentir ce qu’a pu être l’âme juive de Cracovie dont un quart de la population était juive à la veille de la guerre.
Sur la rive droite de la Vistule s’étendait le ghetto juif de  Cracovie, immortalisé dans le merveilleux film de Roman Polanski, lui même originaire de cette ville, le Pianiste.

Au coin d’une petite rue à proximité de l’ancienne pharmacie du Docteur Tadeusz Pankiewicz, j’ai cru voir une forme de pendu, comme un fantôme qui hanterait le quartier de l’ancien ghetto de Podgörze. Car des pendus, il y en a eu. Ils étaient majoritairement juifs.

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Samedi 19 avril 2014.

Je vais à Cracovie avec deux polonais rencontrés pendant mon marathon pascal, et qui étaient venus faire un « workshop »photo organisé par une célèbre agence photo, sur le thème de la semaine sainte.

La ville est toujours aussi magnifique, même sous la pluie qui lui donne un air d’une autre époque. Tout ce que j’aime. Avec un très bon cappuccino polonais accompagné d’un merveilleux cheese-cake.

Le cheese-cake terminé, je me rends dans le quartier de Kazimierz, où l’on peut encore sentir ce qu’a pu être l’âme juive de Cracovie dont un quart de la population était juive à la veille de la guerre.

Sur la rive droite de la Vistule s’étendait le ghetto juif de  Cracovie, immortalisé dans le merveilleux film de Roman Polanski, lui même originaire de cette ville, le Pianiste.

Au coin d’une petite rue à proximité de l’ancienne pharmacie du Docteur Tadeusz Pankiewicz, j’ai cru voir une forme de pendu, comme un fantôme qui hanterait le quartier de l’ancien ghetto de Podgörze. Car des pendus, il y en a eu. Ils étaient majoritairement juifs.

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Vendredi 18 avril 2014.
Lever à 5 heures du matin. C’est tôt, surtout après la journée d’hier. Impossible de se rendre au sanctuaire en voiture. Une centaine de milliers de pèlerins sont attendus. A bonne allure, il me faudra environ 45 minutes de marche. Ca monte. Je me dis qu’au retour ça descendra. C’est toujours ça de pris.
Kalwaria Zebrzydowska est le plus ancien calvaire polonais. Je lis la brochure : un bien de la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO*. Un monument historique. Un endroit de formation et de maturation de la foi du bienheureux Jean-Paul II, né à quinze kilomètres d’ici.
Du monde, il y en avait. Beaucoup de soleil aussi, l’ennemi des photographes. Le chemin de croix** a duré plusieurs heures, le temps de s’arrêter à chaque station où des acteurs ont rejoué toute l’histoire de la condamnation de Jésus. Ce qui m’intéressait surtout c’était de photographier les participants. A la fin, de retour au calvaire, on a eu droit à la confession en publique, comme du temps de Solidarité à Gdansk. C’est ce qui m’a le plus surpris.
Je finis épuisé, surtout qu’il a fallu retourner à mon hôtel comme j’étais venu, à pied.
PS : mon ordinateur a attrapé une bronchite, ou il a de l’asthme, comme moi. C’est normal. Il me fait un drôle de bruit qui ne présage rien de très bon. Il m’avait déjà fait le coup en Slovaquie. Il n’aime peut-être pas les pays de l’est. Alors je vais abréger. Il faut qu’il tienne jusqu’à mon retour en France !

 
* http://whc.unesco.org/fr/list/905
Kalwaria Zebrzydowska est un paysage culturel d’une grande beauté et d’une grande importance spirituelle. Son cadre naturel, dans lequel s’inscrivent des lieux symboliques de dévotion relatifs à la Passion de Jésus-Christ et à la vie de la Vierge Marie, est resté quasi inchangé depuis le XVIIe siècle. C’est encore aujourd’hui un lieu de pèlerinage.
** source Wikipédiahttp://fr.wikipedia.org/wiki/Chemin_de_croix : Dans la tradition catholique, le chemin de croix (via crucis) est un acte dévotionnel privé ou communautaire. Tout en commémorant la Passion du Christ en évoquant 14 moments particuliers de celle-ci (certains issus de la tradition et non rapportés dans les écrits bibliques) le fidèle souhaite recevoir la grâce de communier intensément aux souffrances du Christ, Sauveur des hommes.

 

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Vendredi 18 avril 2014.

Lever à 5 heures du matin. C’est tôt, surtout après la journée d’hier. Impossible de se rendre au sanctuaire en voiture. Une centaine de milliers de pèlerins sont attendus. A bonne allure, il me faudra environ 45 minutes de marche. Ca monte. Je me dis qu’au retour ça descendra. C’est toujours ça de pris.

Kalwaria Zebrzydowska est le plus ancien calvaire polonais. Je lis la brochure : un bien de la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO*. Un monument historique. Un endroit de formation et de maturation de la foi du bienheureux Jean-Paul II, né à quinze kilomètres d’ici.

Du monde, il y en avait. Beaucoup de soleil aussi, l’ennemi des photographes. Le chemin de croix** a duré plusieurs heures, le temps de s’arrêter à chaque station où des acteurs ont rejoué toute l’histoire de la condamnation de Jésus. Ce qui m’intéressait surtout c’était de photographier les participants. A la fin, de retour au calvaire, on a eu droit à la confession en publique, comme du temps de Solidarité à Gdansk. C’est ce qui m’a le plus surpris.

Je finis épuisé, surtout qu’il a fallu retourner à mon hôtel comme j’étais venu, à pied.

PS : mon ordinateur a attrapé une bronchite, ou il a de l’asthme, comme moi. C’est normal. Il me fait un drôle de bruit qui ne présage rien de très bon. Il m’avait déjà fait le coup en Slovaquie. Il n’aime peut-être pas les pays de l’est. Alors je vais abréger. Il faut qu’il tienne jusqu’à mon retour en France !

 

* http://whc.unesco.org/fr/list/905

Kalwaria Zebrzydowska est un paysage culturel d’une grande beauté et d’une grande importance spirituelle. Son cadre naturel, dans lequel s’inscrivent des lieux symboliques de dévotion relatifs à la Passion de Jésus-Christ et à la vie de la Vierge Marie, est resté quasi inchangé depuis le XVIIe siècle. C’est encore aujourd’hui un lieu de pèlerinage.

** source Wikipédiahttp://fr.wikipedia.org/wiki/Chemin_de_croix : Dans la tradition catholique, le chemin de croix (via crucis) est un acte dévotionnel privé ou communautaire. Tout en commémorant la Passion du Christ en évoquant 14 moments particuliers de celle-ci (certains issus de la tradition et non rapportés dans les écrits bibliques) le fidèle souhaite recevoir la grâce de communier intensément aux souffrances du Christ, Sauveur des hommes.

 

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Jeudi 17 avril.
Tout le monde sait que pour être photographe il faut passer par un chemin de croix sans fin. Je suis passé par là, comme tous. Mais aujourd’hui, c’est un autre chemin de croix que j’ai pris pour les besoins de la cause…photographique. J’ai marché plusieurs heures à marcher et à entendre toute les méditations des prêtres. Et rebelotte demain matin à 6 pour l’avant dernière station et à 8 heures pour la dernière station. Non seulement il faudra remarcher, mais aussi se rendre au départ à pied, la circulation étant formellement proscrite. Je m’arrête là, car dès que ce journal sera sur internet, il faudra que je retourne à la rencontre des pèlerins.

 

http://alain-keler.tumblr.com/               Journal d’un photographe.

Jeudi 17 avril.

Tout le monde sait que pour être photographe il faut passer par un chemin de croix sans fin. Je suis passé par là, comme tous. Mais aujourd’hui, c’est un autre chemin de croix que j’ai pris pour les besoins de la cause…photographique. J’ai marché plusieurs heures à marcher et à entendre toute les méditations des prêtres. Et rebelotte demain matin à 6 pour l’avant dernière station et à 8 heures pour la dernière station. Non seulement il faudra remarcher, mais aussi se rendre au départ à pied, la circulation étant formellement proscrite. Je m’arrête là, car dès que ce journal sera sur internet, il faudra que je retourne à la rencontre des pèlerins.

 

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Mercredi 16 avril.
Coucou, me revoilà ! Deux jours de route, 1594 km en plus au compteur de ma fidèle Skoda. En Pologne.
Hier j’étais trop fatigué pour écrire. De toute manière je n’avais pas de bonne photo.
Au réveil ce matin j’ai vu une Trabant qui se la jouait sur le parking à côté de mon hôtel. Je n’ai pas pu résister à l’envie de la photographier. Je me trouvais à l’Est de l’Allemagne, l’ancienne République Démocratique Allemande, ou DDR pour Deutsche Democratische Republik. Je ne suis pas certain de l’orthographe. J’y avais passé des vacances avec une de mes cousines au sein d’un groupe d’amitiés franco-allemandes (de l’est). Certains dans la famille penchait plutôt de ce côté. Et puis il y a eu Prague. Je me souviens des soldats russes qui, dans un très beau parc de la ville de Weimar, venaient nous offrir des cigarettes russes avec le filtre comme écrasé. J’avais une jolie amoureuse, Karin. Elle doit sans doute être grand-mère aujourd’hui. C’est fou comme le temps passe. Et comme tout a changé. Les portiques du M des Macdo ont remplacé les cheminées des usines. Il en reste bien quelques unes, mais elles sont neuves. Je me souviens lors d’un reportage en Tchécoslovaquie avoir eu un fixeur qui m’avait fait cette remarque en regardant un tableau d’une usine dans le hall d’un hôtel : « plus ça fume, plus c’est socialiste » ! Une raison de plus sans doute qui a fait évoluer les sensibilités politiques de la famille.
En Pologne, c’est la même chose. Les Macdos sont partout aux arrêts sur les autoroutes. Je me prends à un de ces arrêts un sandwich jambon beurre (en face du Macdo). J’ai faim alors je ne regarde pas trop. Il est mou. Il y a un peu de beurre. Le jambon est plutôt discret, comme le fromage. Je le mange dans ma voiture. Il y a des types bizarres autour. Ils sont plusieurs et proposent à la sauvette entre autre des CD. Dès qu’une voiture arrive, ils abordent les personnes qui en sortent. Soudain, un jeune frappe à ma vitre fermée. Je suis plutôt le genre méfiant, surtout après qu’un photographe polonais m’ait mis en garde après que je lui ai dit que j’allais venir avec ma voiture. Plaque étrangère. Attention. Le jeune, dans ses vingt ans me montre un Iphone qu’il tient dans sa main. Je suppose qu’il voulait me le vendre. D’un signe de tête, je décliné toute forme de transaction. Le jeune a fait un panoramique avec ses yeux, comme pour voir ce qu’il y avait dans la voiture. Je l’ai vu, mais pas plus.
Je reprends la route après avoir fini mon ersatz de sandwich. Je roule assez vite. Au bout de quelques kilomètres, je vois une voiture qui roule doucement avec ses warnings, à cheval entre la chaussée et la bande d’arrêt. Soudain, lorsque je suis presque à sa hauteur, il rentre complètement sur la chaussée et par sa fenêtre grande ouverte me fait des signes désespérés en me demandant de m’arrêter. Pourquoi à moi alors que le trafic est intense ? Bien entendu, j’accélère. Pas plus que cinq minutes plus tard, la même scène se reproduit avec une autre voiture. Lorsque j’arrive, il accélère et me fait le même genre de signe. Je passe vite.
Pendant une bonne heure je m’interroge. Pourquoi moi et pas les autres. C’est que c’était tout simplement une tentative de piratage de route. Le jeune à l’Iphone m’avais repéré, il a prévenu ses complices qui m’attendaient sur le côté de l’autoroute. Car ce n’est pas ma plaque d’immatriculation qu’ils auraient pu voir à cette allure, mais bien le type et la couleur de ma voiture.
Cela m’a bien énervé. Quand je disais que ce que j’avais vu à cet arrêt d’autoroute faisait un peu mafia, je n’avais pas tort.

Le soleil avait un moment chassé la grisaille. Mais elle est revenue et a chassé le soleil. Il y a même eu quelques gouttes de pluie. Il fait même un peu froid. Il va falloir s’y faire.

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Mercredi 16 avril.

Coucou, me revoilà ! Deux jours de route, 1594 km en plus au compteur de ma fidèle Skoda. En Pologne.

Hier j’étais trop fatigué pour écrire. De toute manière je n’avais pas de bonne photo.

Au réveil ce matin j’ai vu une Trabant qui se la jouait sur le parking à côté de mon hôtel. Je n’ai pas pu résister à l’envie de la photographier. Je me trouvais à l’Est de l’Allemagne, l’ancienne République Démocratique Allemande, ou DDR pour Deutsche Democratische Republik. Je ne suis pas certain de l’orthographe. J’y avais passé des vacances avec une de mes cousines au sein d’un groupe d’amitiés franco-allemandes (de l’est). Certains dans la famille penchait plutôt de ce côté. Et puis il y a eu Prague. Je me souviens des soldats russes qui, dans un très beau parc de la ville de Weimar, venaient nous offrir des cigarettes russes avec le filtre comme écrasé. J’avais une jolie amoureuse, Karin. Elle doit sans doute être grand-mère aujourd’hui. C’est fou comme le temps passe. Et comme tout a changé. Les portiques du M des Macdo ont remplacé les cheminées des usines. Il en reste bien quelques unes, mais elles sont neuves. Je me souviens lors d’un reportage en Tchécoslovaquie avoir eu un fixeur qui m’avait fait cette remarque en regardant un tableau d’une usine dans le hall d’un hôtel : « plus ça fume, plus c’est socialiste » ! Une raison de plus sans doute qui a fait évoluer les sensibilités politiques de la famille.

En Pologne, c’est la même chose. Les Macdos sont partout aux arrêts sur les autoroutes. Je me prends à un de ces arrêts un sandwich jambon beurre (en face du Macdo). J’ai faim alors je ne regarde pas trop. Il est mou. Il y a un peu de beurre. Le jambon est plutôt discret, comme le fromage. Je le mange dans ma voiture. Il y a des types bizarres autour. Ils sont plusieurs et proposent à la sauvette entre autre des CD. Dès qu’une voiture arrive, ils abordent les personnes qui en sortent. Soudain, un jeune frappe à ma vitre fermée. Je suis plutôt le genre méfiant, surtout après qu’un photographe polonais m’ait mis en garde après que je lui ai dit que j’allais venir avec ma voiture. Plaque étrangère. Attention. Le jeune, dans ses vingt ans me montre un Iphone qu’il tient dans sa main. Je suppose qu’il voulait me le vendre. D’un signe de tête, je décliné toute forme de transaction. Le jeune a fait un panoramique avec ses yeux, comme pour voir ce qu’il y avait dans la voiture. Je l’ai vu, mais pas plus.

Je reprends la route après avoir fini mon ersatz de sandwich. Je roule assez vite. Au bout de quelques kilomètres, je vois une voiture qui roule doucement avec ses warnings, à cheval entre la chaussée et la bande d’arrêt. Soudain, lorsque je suis presque à sa hauteur, il rentre complètement sur la chaussée et par sa fenêtre grande ouverte me fait des signes désespérés en me demandant de m’arrêter. Pourquoi à moi alors que le trafic est intense ? Bien entendu, j’accélère. Pas plus que cinq minutes plus tard, la même scène se reproduit avec une autre voiture. Lorsque j’arrive, il accélère et me fait le même genre de signe. Je passe vite.

Pendant une bonne heure je m’interroge. Pourquoi moi et pas les autres. C’est que c’était tout simplement une tentative de piratage de route. Le jeune à l’Iphone m’avais repéré, il a prévenu ses complices qui m’attendaient sur le côté de l’autoroute. Car ce n’est pas ma plaque d’immatriculation qu’ils auraient pu voir à cette allure, mais bien le type et la couleur de ma voiture.

Cela m’a bien énervé. Quand je disais que ce que j’avais vu à cet arrêt d’autoroute faisait un peu mafia, je n’avais pas tort.

Le soleil avait un moment chassé la grisaille. Mais elle est revenue et a chassé le soleil. Il y a même eu quelques gouttes de pluie. Il fait même un peu froid. Il va falloir s’y faire.

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Mercredi 26 avril 1978.
Rome.
Toujours aucune nouvelle de Aldo Moro. Mais la vie continue. Ce que j’aimais, et c’est sans doute encore valable, c’est que cette ville n’était (n’est) qu’un gigantesque décor rempli d’acteurs amateurs jouant leurs propres rôles et qui ont servi (servent) de réservoirs à idées au merveilleux cinéma italien.

Même si mon épisode romain n’est pas terminé, le journal reprendra la route demain. En fonction des liaisons internet il sortira, ou pas. C’est une vraie vie de journal ! Le présent recroisera le passé… Et ma fidèle Skoda enfourchera les routes de la nouvelle Europe.

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Mercredi 26 avril 1978.

Rome.

Toujours aucune nouvelle de Aldo Moro. Mais la vie continue. Ce que j’aimais, et c’est sans doute encore valable, c’est que cette ville n’était (n’est) qu’un gigantesque décor rempli d’acteurs amateurs jouant leurs propres rôles et qui ont servi (servent) de réservoirs à idées au merveilleux cinéma italien.

Même si mon épisode romain n’est pas terminé, le journal reprendra la route demain. En fonction des liaisons internet il sortira, ou pas. C’est une vraie vie de journal ! Le présent recroisera le passé… Et ma fidèle Skoda enfourchera les routes de la nouvelle Europe.

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Lundi 24 avril 1978.
Rome.

Devant la maison où habite Aldo Moro des femmes récitent des Ave Maria. L’une d’entre elles semble scruter le ciel, espérant une réponse à ses suppliques. Tableau moderne d’une tragédie romaine qui ne peut que finir en drame.

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Lundi 24 avril 1978.

Rome.

Devant la maison où habite Aldo Moro des femmes récitent des Ave Maria. L’une d’entre elles semble scruter le ciel, espérant une réponse à ses suppliques. Tableau moderne d’une tragédie romaine qui ne peut que finir en drame.

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Samedi 22 avril 1978.
Rome.
Les romains ne savent plus à quel saint se vouer. Ils écrivent sur les murs leur douleur, implorent le Seigneur de sauver Moro, notent l’heure de leur écrits comme pour conjurer le sort.
« Sauvez Moro !…Faites vite pour le sauver, la force, les armes ne valent rien. En présence de mon Seigneur ; ne vaut que L’AMOUR. M.C.N. Les brigades rouges sont fortes. 11 avril 1978, 21h30, 21h40… »

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Samedi 22 avril 1978.

Rome.

Les romains ne savent plus à quel saint se vouer. Ils écrivent sur les murs leur douleur, implorent le Seigneur de sauver Moro, notent l’heure de leur écrits comme pour conjurer le sort.

« Sauvez Moro !…Faites vite pour le sauver, la force, les armes ne valent rien. En présence de mon Seigneur ; ne vaut que L’AMOUR. M.C.N. Les brigades rouges sont fortes. 11 avril 1978, 21h30, 21h40… »

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Vendredi 21 avril 1978.
Rome est en ébullition. Des petits groupes se forment dans le centre de la ville. Parfois les échanges sont vifs, mais la plupart du temps les gens sont comme abasourdis par la situation. Devant le siège de la Démocratie Chrétienne, parti dont Aldo moro est l’un des responsables, des badauds guettent les allers et venues des dignitaires, espérant sans doute glaner des informations qu’ils retransmettront ensuite à d’autres, histoire de se donner un peu d’importance et de s’imaginer un court moment qu’ils participent au bal des puissants.

Plus de nouvelles d’Aldo Moro depuis l’épisode du lac de la Duchesse. Les Brigades Rouges jouent avec les nerfs des politiques italiens dont les réunions succèdent aux réunions. L’impuissance de l’état apparaît dans toute sa splendeur.

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Vendredi 21 avril 1978.

Rome est en ébullition. Des petits groupes se forment dans le centre de la ville. Parfois les échanges sont vifs, mais la plupart du temps les gens sont comme abasourdis par la situation. Devant le siège de la Démocratie Chrétienne, parti dont Aldo moro est l’un des responsables, des badauds guettent les allers et venues des dignitaires, espérant sans doute glaner des informations qu’ils retransmettront ensuite à d’autres, histoire de se donner un peu d’importance et de s’imaginer un court moment qu’ils participent au bal des puissants.

Plus de nouvelles d’Aldo Moro depuis l’épisode du lac de la Duchesse. Les Brigades Rouges jouent avec les nerfs des politiques italiens dont les réunions succèdent aux réunions. L’impuissance de l’état apparaît dans toute sa splendeur.

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Mercredi 19 avril 1978.
« Sur le lac de la Duchesse dans les Abruzzes, à 2200 mètres d’altitude, pompiers, carabiniers, gardes forestiers ont été mobilisés pour tenter de retrouver le corps d’Aldo Moro ». Légende Sygma.
« A la suite d’un communiqué semblant authentique, policiers et soldats italiens recherchent le cadavre de Aldo Moro dans le lac de la Duchessa, à 120 km de Rome. D’après le communiqué le corps aurait été déposé par ses ravisseurs après son »suicide ». Les enquêteurs ont été déposés par hélicoptère aux abords du petit lac de montagne dans une région accidentée et isolée dont l’accès est difficile pour les voitures. Un colonel qui a demandé à rester anonyme a déclaré que les eaux du lac étaient gelées et doute du fait. Nous n’avons même pas vu de traces, a-t-il déclaré »*.
Si les journalistes du quotidien cité ci-dessus n’ont pas pu accéder au site, j’ai pu embarquer dans un hélicoptère de l’armée italienne qui m’a déposé à proximité du lac gelé. Bien entendu le corps d’Aldo Moro n’a pas été retrouvé, car il n’y était pas.

 

 

 
* source L’impartial, quotidien neufchatelois et jurassien .

 

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Mercredi 19 avril 1978.

« Sur le lac de la Duchesse dans les Abruzzes, à 2200 mètres d’altitude, pompiers, carabiniers, gardes forestiers ont été mobilisés pour tenter de retrouver le corps d’Aldo Moro ». Légende Sygma.

« A la suite d’un communiqué semblant authentique, policiers et soldats italiens recherchent le cadavre de Aldo Moro dans le lac de la Duchessa, à 120 km de Rome. D’après le communiqué le corps aurait été déposé par ses ravisseurs après son »suicide ». Les enquêteurs ont été déposés par hélicoptère aux abords du petit lac de montagne dans une région accidentée et isolée dont l’accès est difficile pour les voitures. Un colonel qui a demandé à rester anonyme a déclaré que les eaux du lac étaient gelées et doute du fait. Nous n’avons même pas vu de traces, a-t-il déclaré »*.

Si les journalistes du quotidien cité ci-dessus n’ont pas pu accéder au site, j’ai pu embarquer dans un hélicoptère de l’armée italienne qui m’a déposé à proximité du lac gelé. Bien entendu le corps d’Aldo Moro n’a pas été retrouvé, car il n’y était pas.

 

 

 

* source L’impartial, quotidien neufchatelois et jurassien .

 

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Lundi 10 avril 1978.
«  Sous les yeux des touristes, le nettoyage des plages et des rochers se poursuit activement en Bretagne.
Militaires et volontaires conjuguent leurs efforts pour que rapidement la marée noire ne soit qu’un très mauvais souvenir ». Légende Sygma.
Le pétrolier libérien »Amoco Cadiz », avec 227000 tonnes de pétrole brut, s’est échoué sur les rochers de Portsall, au nord du Finistère le 16 mars.
L’ensemble de la cargaison s’échappe au fur et à mesure que le navire se disloque sur les brisants, polluant 360 km de côtes entre Brest et Saint-Brieuc : il s’agit de la plus grande marée noire par échouement de pétrolier jamais enregistrée dans le monde*.
« Ce fuel qui giclait de ton ventreC´était comme un défi lancéA l´intelligence du mondeDu monde dit civiliséMais ça fait mal la connerieSur cent kilomètres allongésCe chef d´œuvre de veulerieDonnait quasiment la nauséeOù va la vie, où va le mondeEt vers où court l´humanité?Elle creuse avidement sa tombeMais quel monde allons-nous laisser?Amoco, AmocoAmoco, AmocoC´est pas la faute au capitaineC´est pas la faute au PDGBien sûr, c´est la faute à personneEt l´on était bien assuréTant pis pour les côtes bretonnesEt quelques oiseaux mazoutésQue les patrons subventionnentIl y en a à peine pour quelques annéesOù va la Terre, où vont les hommes?Mais vers où court l´humanité?Elle s´assassine, il faut voir commeQuel monde faudra-t-il chanter?Amoco, AmocoAmoco, AmocoMarée noire sur la BretagneEaux rouges en Méditerranée**…Et les fêlés du nucléaireQui jouent les apprentis-sorciers

 

* source ministère de la défense : http://www.ecpad.fr/aide-militaire-lors-de-la-maree-noire-de-lamoco-cadiz-dans-le-nord-du-finistere

** Amoco, par Alain Barrière.

http://alain-keler.tumblr.com/                 Journal d’un photographe.

Lundi 10 avril 1978.

«  Sous les yeux des touristes, le nettoyage des plages et des rochers se poursuit activement en Bretagne.

Militaires et volontaires conjuguent leurs efforts pour que rapidement la marée noire ne soit qu’un très mauvais souvenir ». Légende Sygma.

Le pétrolier libérien »Amoco Cadiz », avec 227000 tonnes de pétrole brut, s’est échoué sur les rochers de Portsall, au nord du Finistère le 16 mars.

L’ensemble de la cargaison s’échappe au fur et à mesure que le navire se disloque sur les brisants, polluant 360 km de côtes entre Brest et Saint-Brieuc : il s’agit de la plus grande marée noire par échouement de pétrolier jamais enregistrée dans le monde*.

« Ce fuel qui giclait de ton ventre
C´était comme un défi lancé
A l´intelligence du monde
Du monde dit civilisé

Mais ça fait mal la connerie
Sur cent kilomètres allongés
Ce chef d´œuvre de veulerie
Donnait quasiment la nausée

Où va la vie, où va le monde
Et vers où court l´humanité?
Elle creuse avidement sa tombe
Mais quel monde allons-nous laisser?

Amoco, Amoco
Amoco, Amoco

C´est pas la faute au capitaine
C´est pas la faute au PDG
Bien sûr, c´est la faute à personne
Et l´on était bien assuré

Tant pis pour les côtes bretonnes
Et quelques oiseaux mazoutés
Que les patrons subventionnent
Il y en a à peine pour quelques années

Où va la Terre, où vont les hommes?
Mais vers où court l´humanité?
Elle s´assassine, il faut voir comme
Quel monde faudra-t-il chanter?

Amoco, Amoco
Amoco, Amoco

Marée noire sur la Bretagne
Eaux rouges en Méditerranée**…
Et les fêlés du nucléaire
Qui jouent les apprentis-sorciers

 

* source ministère de la défense : http://www.ecpad.fr/aide-militaire-lors-de-la-maree-noire-de-lamoco-cadiz-dans-le-nord-du-finistere

** Amoco, par Alain Barrière.