Journal d'un photographe

Que reste-t-il de notre memoire si ce n'est une photographie.
Copyright Alain Keler
http://alain-keler.tumblr.com/                 Journal d’un photographe.
Vendredi 11 avril 1980.
Le Sermac est le service municipal d’action culturelle de Fort de France, en Martinique. Loin de toutes tensions du dehors, de jeunes martiniquais participent à une répétition d’un spectacle à venir. Le Sermac a été créé en 1976 par Jean-Paul Césaire, sous l’impulsion de son père Aimée Césaire. Les activités proposées sont la peinture, le théâtre, la photo, la sculpture, la danse, la musique etc.…

Photographier l’actualité, les politiques, les gens qui se pensent importants, tous ces égos qui avaient tendance à me fatiguer un peu. Avec ces jeunes artistes martiniquais, c’était une bouffée de fraicheur qui rompait avec le vacarme des dehors.

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Vendredi 11 avril 1980.

Le Sermac est le service municipal d’action culturelle de Fort de France, en Martinique. Loin de toutes tensions du dehors, de jeunes martiniquais participent à une répétition d’un spectacle à venir. Le Sermac a été créé en 1976 par Jean-Paul Césaire, sous l’impulsion de son père Aimée Césaire. Les activités proposées sont la peinture, le théâtre, la photo, la sculpture, la danse, la musique etc.…

Photographier l’actualité, les politiques, les gens qui se pensent importants, tous ces égos qui avaient tendance à me fatiguer un peu. Avec ces jeunes artistes martiniquais, c’était une bouffée de fraicheur qui rompait avec le vacarme des dehors.

http://alain-keler.tumblr.com/                   Journal d’un photographe.
Jeudi 10 avril 1980.
L’histoire s’écrit souvent sur les murs. Tout comme en Guadeloupe, il y avait un-des mouvements indépendantistes en Martinique, où je continuais le travail sur les départements français des Caraïbes. Il y avait eu en 1959 des émeutes* qui avaient fait quatre morts. La violence de cette quasi insurrection avait surpris tout le monde, surtout que le déclencheur avait été un banal accrochage routier.
Ce que je ressentais en Martinique était une grande agressivité à l’égard des métropolitains, dont je faisais en quelque sorte partie car rien ne me différenciait des vrais, ceux qui habitent l’ile, même si mon séjour n’allait durer que quelques jours.
Le graffiti sur le mur émanait du parti Communiste Martiniquais, parti indépendantiste devenu autonomiste, qui allait tenir son congrès dans quelques jours.
Dimanche 19 novembre 2014.
Exposition Garry Winogrand au jeu de paume. J’ai été surpris par la pauvreté de la scénographie. Toutes les photos sont au garde à vous. Même format. Il y en a beaucoup trop. Trop de photos tuent les photos. On ne sait plus quoi regarder. Il aurait suffit de garder la période de Bronx à Manhattan. On le sent bien là dans son antre. Dans certaines stations de métro, on peut voir certaines de ses images. Elles sont en grands formats. Elles revivent pour devenir majestueuses. J’ai toujours eu un doute sur les scénographes et autres directeurs artistiques. Ils sont souvent à des univers du travail des photographes.

 
Un peu d’histoire sur les évènements de Martinique :
* Source Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89meutes_de_d%C3%A9cembre_1959_en_Martinique
La Martinique fut touchée par des émeutes populaires importantes les 20, 21 et 22 décembre1959. Déclenchées par un banal accrochage routier à Fort-de-France entre un Martiniquais noir et un métropolitain blanc, elles manifestaient un état de tension et de frustration latente, treize ans après la départementalisation de la Martinique. Trois jeunes Martiniquais y trouvèrent la mort.
Décembre 1959. Alors que toute la Martinique s’apprête à fêter Noël, Fort-de-France est le théâtre d’une révolte populaire sans précédent. La répression est féroce : trois manifestants tués, cinq blessés, des commissariats détruits, des immeubles dévastés…
* ou autre source :
http://www.m-apal.com/General/fichiers/mapaljournal/DECEMBRE%201959.htm
 
 La Martinique change
 La Martinique aussi change au tournant des années 1950-1960 : poussée démographique, jeunesse de la population, premières fermetures d’usines, exode rural, croissance rapide de Fort-de-France, montée du chômage.
 MARTINIQUE        
                       1954    1961
Population totale : 240 000 292 000 hab
Population FdeFce : 60 000 85 000
Taux de natalité : 40 pour mille 38 pour mille
Nbre de naissances/an : 9 500 10 600
 
Exportations de sucre :
1956 : 80 600 t
1958 : 60 500 t
Exportations de rhum :
1957 : 90 000 HAP
1959 : 55 000 HAP
Fermeture de l’usine de Vivé (1956) et fermeture de l’usine du Lorrain (1959).
 C’est dans ce contexte d’explosion démographique et de début de crise de l’industrie sucrière qu’un incident banal, sur la Savane à Fort-de-France, un dimanche après-midi, conduit à une explosion sociale connue sous le nom de Décembre 59 : trois nuits d’émeute à Fort-de-France (20, 21 et 22 décembre) et la mort de trois jeunes Martiniquais : MARAJO, ROSILE et BETZI.
 Dimanche 20 décembre
 Vers 20 heures, sur la Savane, un attroupement s’est formé ; un accident de la circulation a eu lieu entre un cyclomotoriste martiniquais et un automobiliste français, accident sans gravité ; en effet, à l’angle des rues Victor Hugo et de la Liberté, la voiture du frigoriste André Baldie, Français originaire d’Algérie, demeurant à Redoute, heurte le scooter flambant neuf de Frantz Bernard Moffat, docker martiniquais de 32 ans. La Place de la Savane est à cette époque le lieu privilégié de promenade et de loisirs pour les familles foyalaises de toutes catégories sociales. La foule grossit mais les choses auraient pu en rester là, car les deux protagonistes arrêtent la bagarre et vont prendre un pot.
 
Brusquement, un car de CRS, sorti du Fort Saint-Louis, débarque au milieu de la foule ; les gardes mobiles avaient été dépêchés à la suite d’un appel téléphonique parti de l’hôtel Central, non loin de l’hôtel Europe (actuel hôtel Lafayette), où une Association des Anciens d’Afrique du Nord avait l’habitude de se réunir.
 
Les CRS tentent de disperser la foule et c’est une pluie de grenades, gaz lacrymogène et coups de matraque qui s’abattent sur la foule surprise et désemparée. Mais une partie de la population ne tarde pas à réagir, s’armant de projectiles de toutes sortes lancés en direction des CRS ; il faut dire que Fort-de-France est en plein chantier et qu’un dépôt de pierres et de pavés existait du côté du bord de mer. C’est la première nuit d’émeute spontanée.
 Lundi 21 décembre
 La situation s’aggrave considérablement. Les CRS multiplient les provocations et font un étalage intempestif de leurs forces dans les rues de Fort-de-France. La nuit tombée, la révolte est totale et embrase la capitale.
 
Les cibles des manifestants ne sont pas choisies au hasard. Des bâtiments symbolisant l’ordre colonial et l’Etat français sont incendiés : commissariat central, commissariat du Pont Démosthène, de Sainte-Thérése, de Rive-Droite, perception du Jardin Desclieux et de la rue Victor Hugo ; des voitures de police sont jetées dans le Canal Levassor. Les manifestants soupçonnent fortement les nostalgiques du temps des colonies venus d’Afrique du Nord de complicité avec les CRS ; l’hôtel Europe est pris d’assaut.
 
En cette veille de Noël, à un moment où la société de consommation pénètre les foyers, les nouveaux magasins (Prisunic centre-ville) ou les commerces de luxe (Roger Albert), symboles de cette modernité qui laisse en marge les classes populaires, voient leurs vitrines brisées. Affrontements, tirs de grenades et de coups de feu font rage entre la jeunesse révoltée, la police et les gardes mobiles.
 
Cette nuit-là, un jeune lycéen de 16 ans, Christian Marajo, est tué d’une balle en plein front, près de l’ancien Palais de Justice. Une autre victime, Edmond Eloi Véronique dit Rosile, ouvrier maçon de 20 ans, est retrouvé mort à la rue Villaret-Joyeuse, derrière l’Olympia. Les victimes sont tombées assez loin des lieux de combats entre jeunes et policiers.
 Mardi 22 décembre
 Les morts de la veille n’arrangent rien à la situation. L’exaspération de la population est à son comble : voitures brûlées, cars renversés, magasins pillés. Les combats redoublent du côté de la Croix Mission et du cimetière de la Levée. Cette nuit s’achève avec la mort d’un troisième jeune, Julien Betzi, ouvrier électromécanicien de 19 ans, tué au pied du Morne Pichevin, non loin du Pont Démosthène (actuelle Place François Mitterrand). La jeunesse martiniquaise a payé un lourd tribut face aux forces de répression.
 
 
 
 
 

 

http://alain-keler.tumblr.com/                   Journal d’un photographe.

Jeudi 10 avril 1980.

L’histoire s’écrit souvent sur les murs. Tout comme en Guadeloupe, il y avait un-des mouvements indépendantistes en Martinique, où je continuais le travail sur les départements français des Caraïbes. Il y avait eu en 1959 des émeutes* qui avaient fait quatre morts. La violence de cette quasi insurrection avait surpris tout le monde, surtout que le déclencheur avait été un banal accrochage routier.

Ce que je ressentais en Martinique était une grande agressivité à l’égard des métropolitains, dont je faisais en quelque sorte partie car rien ne me différenciait des vrais, ceux qui habitent l’ile, même si mon séjour n’allait durer que quelques jours.

Le graffiti sur le mur émanait du parti Communiste Martiniquais, parti indépendantiste devenu autonomiste, qui allait tenir son congrès dans quelques jours.

Dimanche 19 novembre 2014.

Exposition Garry Winogrand au jeu de paume. J’ai été surpris par la pauvreté de la scénographie. Toutes les photos sont au garde à vous. Même format. Il y en a beaucoup trop. Trop de photos tuent les photos. On ne sait plus quoi regarder. Il aurait suffit de garder la période de Bronx à Manhattan. On le sent bien là dans son antre. Dans certaines stations de métro, on peut voir certaines de ses images. Elles sont en grands formats. Elles revivent pour devenir majestueuses. J’ai toujours eu un doute sur les scénographes et autres directeurs artistiques. Ils sont souvent à des univers du travail des photographes.

 

Un peu d’histoire sur les évènements de Martinique :

* Source Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89meutes_de_d%C3%A9cembre_1959_en_Martinique

La Martinique fut touchée par des émeutes populaires importantes les 20, 21 et 22 décembre1959. Déclenchées par un banal accrochage routier à Fort-de-France entre un Martiniquais noir et un métropolitain blanc, elles manifestaient un état de tension et de frustration latente, treize ans après la départementalisation de la Martinique. Trois jeunes Martiniquais y trouvèrent la mort.

Décembre 1959. Alors que toute la Martinique s’apprête à fêter Noël, Fort-de-France est le théâtre d’une révolte populaire sans précédent. La répression est féroce : trois manifestants tués, cinq blessés, des commissariats détruits, des immeubles dévastés…

* ou autre source :

http://www.m-apal.com/General/fichiers/mapaljournal/DECEMBRE%201959.htm

 

 La Martinique change

 La Martinique aussi change au tournant des années 1950-1960 : poussée démographique, jeunesse de la population, premières fermetures d’usines, exode rural, croissance rapide de Fort-de-France, montée du chômage.

 MARTINIQUE        

                       1954    1961

Population totale : 240 000 292 000 hab

Population FdeFce : 60 000 85 000

Taux de natalité : 40 pour mille 38 pour mille

Nbre de naissances/an : 9 500 10 600

 

Exportations de sucre :

1956 : 80 600 t

1958 : 60 500 t

Exportations de rhum :

1957 : 90 000 HAP

1959 : 55 000 HAP

Fermeture de l’usine de Vivé (1956) et fermeture de l’usine du Lorrain (1959).

 C’est dans ce contexte d’explosion démographique et de début de crise de l’industrie sucrière qu’un incident banal, sur la Savane à Fort-de-France, un dimanche après-midi, conduit à une explosion sociale connue sous le nom de Décembre 59 : trois nuits d’émeute à Fort-de-France (20, 21 et 22 décembre) et la mort de trois jeunes Martiniquais : MARAJO, ROSILE et BETZI.

 Dimanche 20 décembre

 Vers 20 heures, sur la Savane, un attroupement s’est formé ; un accident de la circulation a eu lieu entre un cyclomotoriste martiniquais et un automobiliste français, accident sans gravité ; en effet, à l’angle des rues Victor Hugo et de la Liberté, la voiture du frigoriste André Baldie, Français originaire d’Algérie, demeurant à Redoute, heurte le scooter flambant neuf de Frantz Bernard Moffat, docker martiniquais de 32 ans. La Place de la Savane est à cette époque le lieu privilégié de promenade et de loisirs pour les familles foyalaises de toutes catégories sociales. La foule grossit mais les choses auraient pu en rester là, car les deux protagonistes arrêtent la bagarre et vont prendre un pot.

 

Brusquement, un car de CRS, sorti du Fort Saint-Louis, débarque au milieu de la foule ; les gardes mobiles avaient été dépêchés à la suite d’un appel téléphonique parti de l’hôtel Central, non loin de l’hôtel Europe (actuel hôtel Lafayette), où une Association des Anciens d’Afrique du Nord avait l’habitude de se réunir.

 

Les CRS tentent de disperser la foule et c’est une pluie de grenades, gaz lacrymogène et coups de matraque qui s’abattent sur la foule surprise et désemparée. Mais une partie de la population ne tarde pas à réagir, s’armant de projectiles de toutes sortes lancés en direction des CRS ; il faut dire que Fort-de-France est en plein chantier et qu’un dépôt de pierres et de pavés existait du côté du bord de mer. C’est la première nuit d’émeute spontanée.

 Lundi 21 décembre

 La situation s’aggrave considérablement. Les CRS multiplient les provocations et font un étalage intempestif de leurs forces dans les rues de Fort-de-France. La nuit tombée, la révolte est totale et embrase la capitale.

 

Les cibles des manifestants ne sont pas choisies au hasard. Des bâtiments symbolisant l’ordre colonial et l’Etat français sont incendiés : commissariat central, commissariat du Pont Démosthène, de Sainte-Thérése, de Rive-Droite, perception du Jardin Desclieux et de la rue Victor Hugo ; des voitures de police sont jetées dans le Canal Levassor. Les manifestants soupçonnent fortement les nostalgiques du temps des colonies venus d’Afrique du Nord de complicité avec les CRS ; l’hôtel Europe est pris d’assaut.

 

En cette veille de Noël, à un moment où la société de consommation pénètre les foyers, les nouveaux magasins (Prisunic centre-ville) ou les commerces de luxe (Roger Albert), symboles de cette modernité qui laisse en marge les classes populaires, voient leurs vitrines brisées. Affrontements, tirs de grenades et de coups de feu font rage entre la jeunesse révoltée, la police et les gardes mobiles.

 

Cette nuit-là, un jeune lycéen de 16 ans, Christian Marajo, est tué d’une balle en plein front, près de l’ancien Palais de Justice. Une autre victime, Edmond Eloi Véronique dit Rosile, ouvrier maçon de 20 ans, est retrouvé mort à la rue Villaret-Joyeuse, derrière l’Olympia. Les victimes sont tombées assez loin des lieux de combats entre jeunes et policiers.

 Mardi 22 décembre

 Les morts de la veille n’arrangent rien à la situation. L’exaspération de la population est à son comble : voitures brûlées, cars renversés, magasins pillés. Les combats redoublent du côté de la Croix Mission et du cimetière de la Levée. Cette nuit s’achève avec la mort d’un troisième jeune, Julien Betzi, ouvrier électromécanicien de 19 ans, tué au pied du Morne Pichevin, non loin du Pont Démosthène (actuelle Place François Mitterrand). La jeunesse martiniquaise a payé un lourd tribut face aux forces de répression.

 

 

 

 

 

 

http://alain-keler.tumblr.com/                   Journal d’un photographe.
Mardi 8 avril 1980.
Il y a toujours eu des indépendantistes* en Guadeloupe, soit par le biais de partis politiques** oeuvrant spécifiquement à l’indépendance, soit avec le parti Communiste guadeloupéen.
C’est sur les murs que je photographiais ces velléités indépendantistes. Les murs sont pour les photographes une source illimitée d’images, de décors. Il y a aussi cette attente jusqu’à ce que la photo se mette en place, ou pas. Le photographe se comporte alors comme un chat. Il repère une proie, et attend le moment favorable. Celui-ci n’arrive pas toujours, mais lorsque l’on pense avoir l’oiseau dans la cage (l ‘appareil photo) il y a un sentiment de devoir accompli, un plaisir qui ne se concrétisera qu’à la réception de ses planches contacts, d’ou cette exaltation quand arrive le moment. La paquet de planches contact va enfin s’offrir au photographe.

 

* Source : http://socio13.wordpress.com/2009/02/18/la-conquete-du-pouvoir-politique%E2%80%A6-par-le-parti-communiste-guadeloupeen/
** Mouvman gwadloupéyen : parti indépendantiste de gauche, fondé en juin 1997, succède à l’Union populaire pour la libération de la Guadeloupe, fondé en 1978.
Konvwa pou Liberasyon Nasyonal Gwadloup/Convoi pour la libération nationale de la Guadeloupe : fondé en 1997 par Luc Reinette.
Combat ouvrier (CO) : groupe trotskyste membre de l’UCI comme Lutte ouvrière et fondé en 1971 en Guadeloupe.

 

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Mardi 8 avril 1980.

Il y a toujours eu des indépendantistes* en Guadeloupe, soit par le biais de partis politiques** oeuvrant spécifiquement à l’indépendance, soit avec le parti Communiste guadeloupéen.

C’est sur les murs que je photographiais ces velléités indépendantistes. Les murs sont pour les photographes une source illimitée d’images, de décors. Il y a aussi cette attente jusqu’à ce que la photo se mette en place, ou pas. Le photographe se comporte alors comme un chat. Il repère une proie, et attend le moment favorable. Celui-ci n’arrive pas toujours, mais lorsque l’on pense avoir l’oiseau dans la cage (l ‘appareil photo) il y a un sentiment de devoir accompli, un plaisir qui ne se concrétisera qu’à la réception de ses planches contacts, d’ou cette exaltation quand arrive le moment. La paquet de planches contact va enfin s’offrir au photographe.

 

* Source : http://socio13.wordpress.com/2009/02/18/la-conquete-du-pouvoir-politique%E2%80%A6-par-le-parti-communiste-guadeloupeen/

** Mouvman gwadloupéyen : parti indépendantiste de gauche, fondé en juin 1997, succède à l’Union populaire pour la libération de la Guadeloupe, fondé en 1978.

Konvwa pou Liberasyon Nasyonal Gwadloup/Convoi pour la libération nationale de la Guadeloupe : fondé en 1997 par Luc Reinette.

Combat ouvrier (CO) : groupe trotskyste membre de l’UCI comme Lutte ouvrière et fondé en 1971 en Guadeloupe.

 

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Dimanche 6 avril 1980.
Touristes au sommet de la Soufrière.
Haut de 1467 mètres, le volcan de la Soufrière est le seul volcan actif de la Guadeloupe. C’est le plus haut sommet des petites Antilles.
« Son dôme de lave prend la forme d’un cône tronqué de 900 mètres de diamètre à sa base. Il n’y a pas de véritable cratère, mais plusieurs bouches éruptives, des gouffres d’où s’échappent des vapeurs sulfureuses et des entailles profondes.
Le paysage est rocheux et chaotique, quasi lunaire, hérissé de pitons. Il est souvent recouvert de brumes. Plusieurs pistes balisées parcourent le sommet volcanique.
C’est un volcan actif de type péléen — explosif à nuées ardentes —, donc très dangereux, et de formation récente (100 000 à200 000 ans). Son activité est marquée par des fumerolles, des vapeurs sulfureuses et des sources chaudes sur différents points du sommet. Il est le seul à être actif en Guadeloupe depuis 10 000 ans »*
Le parc national de la Soufrière, où se trouve le volcan, est étrange car très diffèrent des autres paysages de l’ile. On se sent ailleurs, dans une espèce de monde de rêve avec une route forestière étroite que l’on a plutôt l’habitude de voir dans les régions montagneuses de France. 
« La dernière éruption de la Soufrière date de 1976 ; il s’agissait d’une éruption phréatique. Elle a conduit à l’évacuation de la partie sud de la Basse-Terre ainsi que de la préfecture, soit 73 600 personnes sur trois mois et demie »*.
Une autre catastrophe eu lieu en 1962. Le 22 juin, un Boeing 707 de la compagnie Air France s’est écrasé sur la Soufrière. La catastrophe provoqua la mort des 113 personnes** se trouvant à bord. Les causes exactes ne furent jamais trouvées.
 
 
* Source Wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Soufri%C3%A8re_(Guadeloupe).
** Source http://aviation-safety.net/database/record.php?id=19620622-0&lang=fr

 

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Dimanche 6 avril 1980.

Touristes au sommet de la Soufrière.

Haut de 1467 mètres, le volcan de la Soufrière est le seul volcan actif de la Guadeloupe. C’est le plus haut sommet des petites Antilles.

« Son dôme de lave prend la forme d’un cône tronqué de 900 mètres de diamètre à sa base. Il n’y a pas de véritable cratère, mais plusieurs bouches éruptives, des gouffres d’où s’échappent des vapeurs sulfureuses et des entailles profondes.

Le paysage est rocheux et chaotique, quasi lunaire, hérissé de pitons. Il est souvent recouvert de brumes. Plusieurs pistes balisées parcourent le sommet volcanique.

C’est un volcan actif de type péléen — explosif à nuées ardentes —, donc très dangereux, et de formation récente (100 000 à200 000 ans). Son activité est marquée par des fumerolles, des vapeurs sulfureuses et des sources chaudes sur différents points du sommet. Il est le seul à être actif en Guadeloupe depuis 10 000 ans »*

Le parc national de la Soufrière, où se trouve le volcan, est étrange car très diffèrent des autres paysages de l’ile. On se sent ailleurs, dans une espèce de monde de rêve avec une route forestière étroite que l’on a plutôt l’habitude de voir dans les régions montagneuses de France.

« La dernière éruption de la Soufrière date de 1976 ; il s’agissait d’une éruption phréatique. Elle a conduit à l’évacuation de la partie sud de la Basse-Terre ainsi que de la préfecture, soit 73 600 personnes sur trois mois et demie »*.

Une autre catastrophe eu lieu en 1962. Le 22 juin, un Boeing 707 de la compagnie Air France s’est écrasé sur la Soufrière. La catastrophe provoqua la mort des 113 personnes** se trouvant à bord. Les causes exactes ne furent jamais trouvées.

 

 

* Source Wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Soufri%C3%A8re_(Guadeloupe).

** Source http://aviation-safety.net/database/record.php?id=19620622-0&lang=fr

 

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Vendredi 4 avril 1980.
Procession du chemin de croix à Abymes, Guadeloupe.
Je n’ai jamais été un grand amateur des iles françaises des Caraïbes, où d’ailleurs. J’y ai ressenti beaucoup de colère à l’égard des métropolitains, moi, vous, les blancs. Mais y retourner pour l’agence Sygma me permettait d’appréhender ces îles différemment, avec un autre statut que celui qui venait y  travailler de métropole pour se faire plus d’argent, et qui souvent y vivrait en circuit fermé*, par envie parfois, ou aussi par rejet de la population locale. Contrairement à mon expérience de 1971, je serai cette fois reçu par presque tout le monde. Après tout, je venais porter un regard extérieur, favorable ou défavorable, donc on m’ouvrirait des portes d’habitudes fermées à l’étranger, français ou pas. C’était un des privilèges que nous avions au travers de notre profession.
Pâques**
Pâques est l’une des fêtesles plus respectées en Guadeloupe et se déroule sous 3 jours .
Le Vendredi Saint, pour illustrer cette journée de longues marches sont réalisées en direction des calvaires. A la mi-journée les cloches ne sonnent pas pour témoigner du deuil, mais ce qui est très particulier c’est l’instrument utilisé pour appeler les fidèles aux vêpres, c’est le rara, un instrument en bois qu’on fait tourner à l’aide d’un bâtonnet.
La tradition du Samedi Gloria, la tradition n’existe plus à ce jour mais dans le temps, au réveil des cloches, les fidèles se jetaient à l’eau ou se lavaient le visage, et chacun arrosait sa maison pour avoir de la chance toute l’année.
Le lundi de pâques reste la journée de réjouissances par excellence. Les plages et rivières sont bondées, famille et amis y campent sur fond de musique et éclats de rires. Plusieurs activités sont de mises et se diversifient, l’ennui n’y a pas sa place. L’indétrônable punch desserre les gorges stressées et le Matété de crabes est le repas qui garni le plus souvent les assiettes en cette période.
 
* Ce n’est pas le cas de tous les métropolitains, heureusement.
**source : http://www.guadeloupe.fr/religions-et-croyances
 

 

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Vendredi 4 avril 1980.

Procession du chemin de croix à Abymes, Guadeloupe.

Je n’ai jamais été un grand amateur des iles françaises des Caraïbes, où d’ailleurs. J’y ai ressenti beaucoup de colère à l’égard des métropolitains, moi, vous, les blancs. Mais y retourner pour l’agence Sygma me permettait d’appréhender ces îles différemment, avec un autre statut que celui qui venait y  travailler de métropole pour se faire plus d’argent, et qui souvent y vivrait en circuit fermé*, par envie parfois, ou aussi par rejet de la population locale. Contrairement à mon expérience de 1971, je serai cette fois reçu par presque tout le monde. Après tout, je venais porter un regard extérieur, favorable ou défavorable, donc on m’ouvrirait des portes d’habitudes fermées à l’étranger, français ou pas. C’était un des privilèges que nous avions au travers de notre profession.

Pâques**

Pâques est l’une des fêtesles plus respectées en Guadeloupe et se déroule sous 3 jours .

Le Vendredi Saint, pour illustrer cette journée de longues marches sont réalisées en direction des calvaires. A la mi-journée les cloches ne sonnent pas pour témoigner du deuil, mais ce qui est très particulier c’est l’instrument utilisé pour appeler les fidèles aux vêpres, c’est le rara, un instrument en bois qu’on fait tourner à l’aide d’un bâtonnet.

La tradition du Samedi Gloria, la tradition n’existe plus à ce jour mais dans le temps, au réveil des cloches, les fidèles se jetaient à l’eau ou se lavaient le visage, et chacun arrosait sa maison pour avoir de la chance toute l’année.

Le lundi de pâques reste la journée de réjouissances par excellence. Les plages et rivières sont bondées, famille et amis y campent sur fond de musique et éclats de rires. Plusieurs activités sont de mises et se diversifient, l’ennui n’y a pas sa place. L’indétrônable punch desserre les gorges stressées et le Matété de crabes est le repas qui garni le plus souvent les assiettes en cette période.

 

* Ce n’est pas le cas de tous les métropolitains, heureusement.

**source : http://www.guadeloupe.fr/religions-et-croyances

 

 

http://alain-keler.tumblr.com/                 Journal d’un photographe.
Jeudi 3 avril 1980.
Le mois de mars 1980 se passa entre Paris, Marmande où habitait ma copine Marie-Christine. Beaucoup d’examens médicaux. Je crois avoir eu une alerte de paludisme. Finalement je décollais le 1er avril pour Pointe-à-Pitre. Il fallait faire un petit sujet sur la Guadeloupe et la Martinique, en proies à des mouvements indépendantistes. Meetings politiques, économie des iles etc.… Il se trouve que j’avais un couple d’amis, Thierry et Sylvie qui venaient de monter un restaurant à Saint-François. J’étais déjà resté chez eux deux mois en 1971. Je n’avais pas aimé les français qui vivaient en Guadeloupe, alors j’étais rentré à New-York, ville beaucoup plus exotique pour moi que toutes les iles des caraïbes réunies. Thierry était un copain du lycée de Honfleur où nous avions été pensionnaires, le lycée papillon comme nous nous plaisions à le nommer. Le lycée était un grand bazar, et nous en profitions. Les études passées au second plan. Nous avions mieux à faire. Nos parents étaient loin, nous ne rentrions pas très souvent à Paris. C’était l’époque de nos émancipations respectives, le mur du lycée que nous faisions tous les week-ends, les boites à Deauville, les premiers flirts, les premiers amours.
Sauf que Thierry, au contact de Sylvie était devenu sérieux. Tellement sérieux qu’il l’épousa pour de bon.  Ils s’installèrent en Guadeloupe et y restèrent de nombreuses années. Ce voyage me permit de les retrouver. Je les avais quitté sous un malentendu. Il fallait l’effacer.
Mardi 14 octobre 2014.
La lumière de ce matin parisien est très belle. On ne sait pas très bien si c’est une lumière d’un été qui ne veut pas finir, ou d’un très bel automne qui commence. Ou d’un « été indien » qui aurait traversé l’Atlantique pour venir nous vanter les bienfaits du continent américain. Ou du changement climatique qui teste les parisiens.
A la sortie du métro Crimée il y a une femme rom qui fait la manche. Une parisienne plantureuse l’interpelle : « si vous alliez travailler, ça sera mieux », lui dit-elle en tirant son caddie.

J’ai déjeuné ensuite avec mon copain R. Il est épuisé par un traitement de chimiothérapie qu’il suit depuis février. En ce moment, il n’a plus les forces pour sortir. Mais il reste optimiste. Je ne sais pas de quel côté ça va aller, me dit-il quand même. Il travaille, lorsqu’il en a la force, à sélectionner les 200-300 meilleures photos de sa vie de photographe. Pour en faire une exposition ou-et un livre. Il me montre sur son écran d’ordinateur ses premiers choix, en noir et blanc. Il a beaucoup des photos très fortes, sensibles et fines. A ma demande, il me fait voir sa manière de travailler le noir et blanc avec le logiciel Photoshop. C’est un peu compliqué avec les calques et tous ces réglages multipliables à l’infini. La prochaine fois, je reviendrai avec une de mes photos. J’ai toujours l’impression de mieux comprendre les explications si c’est une de mes images.

http://alain-keler.tumblr.com/                 Journal d’un photographe.

Jeudi 3 avril 1980.

Le mois de mars 1980 se passa entre Paris, Marmande où habitait ma copine Marie-Christine. Beaucoup d’examens médicaux. Je crois avoir eu une alerte de paludisme. Finalement je décollais le 1er avril pour Pointe-à-Pitre. Il fallait faire un petit sujet sur la Guadeloupe et la Martinique, en proies à des mouvements indépendantistes. Meetings politiques, économie des iles etc.… Il se trouve que j’avais un couple d’amis, Thierry et Sylvie qui venaient de monter un restaurant à Saint-François. J’étais déjà resté chez eux deux mois en 1971. Je n’avais pas aimé les français qui vivaient en Guadeloupe, alors j’étais rentré à New-York, ville beaucoup plus exotique pour moi que toutes les iles des caraïbes réunies. Thierry était un copain du lycée de Honfleur où nous avions été pensionnaires, le lycée papillon comme nous nous plaisions à le nommer. Le lycée était un grand bazar, et nous en profitions. Les études passées au second plan. Nous avions mieux à faire. Nos parents étaient loin, nous ne rentrions pas très souvent à Paris. C’était l’époque de nos émancipations respectives, le mur du lycée que nous faisions tous les week-ends, les boites à Deauville, les premiers flirts, les premiers amours.

Sauf que Thierry, au contact de Sylvie était devenu sérieux. Tellement sérieux qu’il l’épousa pour de bon.  Ils s’installèrent en Guadeloupe et y restèrent de nombreuses années. Ce voyage me permit de les retrouver. Je les avais quitté sous un malentendu. Il fallait l’effacer.

Mardi 14 octobre 2014.

La lumière de ce matin parisien est très belle. On ne sait pas très bien si c’est une lumière d’un été qui ne veut pas finir, ou d’un très bel automne qui commence. Ou d’un « été indien » qui aurait traversé l’Atlantique pour venir nous vanter les bienfaits du continent américain. Ou du changement climatique qui teste les parisiens.

A la sortie du métro Crimée il y a une femme rom qui fait la manche. Une parisienne plantureuse l’interpelle : « si vous alliez travailler, ça sera mieux », lui dit-elle en tirant son caddie.

J’ai déjeuné ensuite avec mon copain R. Il est épuisé par un traitement de chimiothérapie qu’il suit depuis février. En ce moment, il n’a plus les forces pour sortir. Mais il reste optimiste. Je ne sais pas de quel côté ça va aller, me dit-il quand même. Il travaille, lorsqu’il en a la force, à sélectionner les 200-300 meilleures photos de sa vie de photographe. Pour en faire une exposition ou-et un livre. Il me montre sur son écran d’ordinateur ses premiers choix, en noir et blanc. Il a beaucoup des photos très fortes, sensibles et fines. A ma demande, il me fait voir sa manière de travailler le noir et blanc avec le logiciel Photoshop. C’est un peu compliqué avec les calques et tous ces réglages multipliables à l’infini. La prochaine fois, je reviendrai avec une de mes photos. J’ai toujours l’impression de mieux comprendre les explications si c’est une de mes images.

http://alain-keler.tumblr.com/                   Journal d’un photographe.
Jeudi 21 février 1980.
Retour à la case Yougoslavie. Toujours des nouvelles alarmistes sur la santé du Maréchal Tito. Il n’y a pas grand chose à se mettre sous la dent en photo. Je n’ai pas trop le choix, j’essaie d’illustrer la vie quotidienne à Belgrade, comme le mois dernier. Une école de ballet, une faculté, un centre sportif, une école, des vitrines décorées avec des portraits de Tito. C’est l’hiver. Je ne trouve pas que Belgrade soit une ville très accueillante. Elle n’est même pas belle !
Lundi 13 octobre 2014.
Salle de sports ce matin. Lorsque je me retrouve dans la rue j’entends mon corps qui me remercie. Je suis bien. Retour à la maison. Je me pèse. Je commence à flirter avec le kilo inférieur.
J’ai pris un café avec mon oncle. Il a 96 ans, et s’il oublie un peu certaines choses, il a toute sa tête. Charles a été un militant tant qu’il pouvait se rendre à des réunions, c’est à dire quasiment toute sa vie. Dany, sa femme, ma tante, est en maison de retraite depuis quelques mois, la même où est passée ma mère. Sa bascule dans sa vie est arrivée alors qu’elle avait 94 ans, en l’espace de quelques mois. Charles va la voir tous les jours. Ils se tiennent la main.  Charles et Dany se sont mariés il y a très-très longtemps. Soixante quatorze ans. Alors lorsqu’il est seul chez lui, il s’ennuie d’elle. C’est l’histoire de deux vies. C’est l’histoire d’une vie à deux.

Mes deux cousines s’occupent beaucoup de lui. C’est l’avantage d’avoir deux filles.

http://alain-keler.tumblr.com/                   Journal d’un photographe.

Jeudi 21 février 1980.

Retour à la case Yougoslavie. Toujours des nouvelles alarmistes sur la santé du Maréchal Tito. Il n’y a pas grand chose à se mettre sous la dent en photo. Je n’ai pas trop le choix, j’essaie d’illustrer la vie quotidienne à Belgrade, comme le mois dernier. Une école de ballet, une faculté, un centre sportif, une école, des vitrines décorées avec des portraits de Tito. C’est l’hiver. Je ne trouve pas que Belgrade soit une ville très accueillante. Elle n’est même pas belle !

Lundi 13 octobre 2014.

Salle de sports ce matin. Lorsque je me retrouve dans la rue j’entends mon corps qui me remercie. Je suis bien. Retour à la maison. Je me pèse. Je commence à flirter avec le kilo inférieur.

J’ai pris un café avec mon oncle. Il a 96 ans, et s’il oublie un peu certaines choses, il a toute sa tête. Charles a été un militant tant qu’il pouvait se rendre à des réunions, c’est à dire quasiment toute sa vie. Dany, sa femme, ma tante, est en maison de retraite depuis quelques mois, la même où est passée ma mère. Sa bascule dans sa vie est arrivée alors qu’elle avait 94 ans, en l’espace de quelques mois. Charles va la voir tous les jours. Ils se tiennent la main.  Charles et Dany se sont mariés il y a très-très longtemps. Soixante quatorze ans. Alors lorsqu’il est seul chez lui, il s’ennuie d’elle. C’est l’histoire de deux vies. C’est l’histoire d’une vie à deux.

Mes deux cousines s’occupent beaucoup de lui. C’est l’avantage d’avoir deux filles.

http://alain-keler.tumblr.com/                  Journal d’un photographe.
Jeudi 7 février 1980.
Camp de Khoo-I-Dang. Réfugiée khmère avec son enfant.
La guerre continue au Cambodge. Les armées vietnamiennes ont chassé de Phnom Penh les Khmères rouges, mais ceux-ci sont toujours présents dans différentes régions du Cambodge.

Après la marche pour la survie du Cambodge et le départ de toutes les vedettes du spectacle venues médiatiser cet événement, je reste pour travailler sur les camps de réfugiés installés à proximité de la frontière entre la Thaïlande et le Cambodge.

http://alain-keler.tumblr.com/                  Journal d’un photographe.

Jeudi 7 février 1980.

Camp de Khoo-I-Dang. Réfugiée khmère avec son enfant.

La guerre continue au Cambodge. Les armées vietnamiennes ont chassé de Phnom Penh les Khmères rouges, mais ceux-ci sont toujours présents dans différentes régions du Cambodge.

Après la marche pour la survie du Cambodge et le départ de toutes les vedettes du spectacle venues médiatiser cet événement, je reste pour travailler sur les camps de réfugiés installés à proximité de la frontière entre la Thaïlande et le Cambodge.

http://alain-keler.tumblr.com/                 Journal d’un photographe.
Mercredi 6 février 1980.
Une fois les festivités terminées, les flonflons des vedettes et le cirque de la presse, il fallait voir la réalité de ceux qui travaillaient dans le silence dans les camps de réfugiés, les médecins, les infirmières et tout le personnel médical, qu’il soit fait d’étrangers ou de locaux. Les locaux passeraient leur vie dans ce pays, les expatriés entre six mois et deux ans. Leur travail était d’une importance capitale pour tous ceux qui avaient fui sans rien pouvoir emporter le totalitarisme le plus meurtrier qui sévissait en Asie du Sud-Est.
Le Docteur Martine Clément, âgée de 27 ans et venant de Bordeaux, avait été envoyée en mission pour l’association Médecins sans frontières*. On la voit ici après un accouchement dans le camp de réfugiés de Khao-I-Dang.

 
* Source MSF : Médecins Sans Frontières est une association médicale humanitaire internationale, créée en 1971 à Paris par des médecins et des journalistes.
Depuis plus de quarante ans, Médecins Sans Frontières apporte une assistance médicale à des populations dont la vie ou la santé est menacée : principalement en cas de conflits armés, mais aussi d’épidémies, de pandémies, de catastrophes naturelles ou encore d’exclusion des soins. Toutes ces situations nécessitent des ressources médicales et logistiques adaptées.
Indépendante de tous pouvoirs politiques, militaires ou religieux, MSF agit en toute impartialité, après évaluation des besoins médicaux des populations. La garantie de l’indépendance de l’association s’enracine dans son financement, assuré par la générosité de ses donateurs privés. En France, en 2013, 95,8% des ressources de MSF étaient d’origine privée. Aucun fonds n’est accepté du gouvernement français.
 
Source Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9decins_sans_fronti%C3%A8res
L’ONG Médecins Sans Frontières a été créée le 20 décembre 1971 par des médecins français qui s’étaient rendus au Biafra avec la Croix-Rouge pour tenter d’y aider la population lors de la guerre qui avait opposé cette région indépendantiste au gouvernement central nigerian entre 1967 et 1970. Estimant que la politique de neutralité et de réserve de la Croix-Rouge avait été une erreur, ils voulurent fonder une association qui allierait aide humanitaire et actions de sensibilisation auprès des médias et des institutions politiques.
Bernard Kouchner, le plus médiatique de ses cofondateurs, a créé en premier lieu l’Organisation pour la lutte contre le génocide au Biafra, et l’année suivante, le Groupe d’intervention médicale et chirurgicale en urgence (GIMCU) qui envoie des volontaires suite au séisme péruvien de 1970 et à Amman en Jordanie après le massacre de Palestiniens, le GIMCU formant l’ossature de MSF. En même temps, le cyclone de Bhola frappe le Pakistan oriental, actuel Bangladesh, et fait près de 500 000 victimes.Raymond Borel et Philippe Bernier, directeur et journaliste du journal médical Tonus ont commencé à y envoyer les médecins, sous le nom de Secours médical français (SMF). 
Bernard Kouchner a jugé qu’une association serait meilleure pour les deux organisations, et après quelques mois, MSF voit le jour.
À l’occasion de l’opération « Un bateau pour le Viêt-nam » en 1979, le cofondateur le plus connu du public, Bernard Kouchner, a défendu l’idée d’affréter un bateau avec des médecins et des journalistes pour témoigner des violations des Droits de l’homme dans ce pays et aussi pour évacuer les Vietnamiens qui avaient fui leur pays après que le Viêt Nam fut devenu un pays totalement communiste. Il s’ensuivit une violente querelle à l’origine d’une scission au sein de MSF, certains estimant l’opération vaine ou trop coûteuse, dont Xavier Emmanuelli, auteur d’une attaque violente dans Le Quotidien du médecin intitulée « Un bateau pour Saint-Germain-des-Prés ». Bernard Kouchner quittera alors définitivement MSF et créera avec une quinzaine d’autres médecins l’organisation « Médecins du monde » en 1980.
 
 
 

 

http://alain-keler.tumblr.com/                 Journal d’un photographe.

Mercredi 6 février 1980.

Une fois les festivités terminées, les flonflons des vedettes et le cirque de la presse, il fallait voir la réalité de ceux qui travaillaient dans le silence dans les camps de réfugiés, les médecins, les infirmières et tout le personnel médical, qu’il soit fait d’étrangers ou de locaux. Les locaux passeraient leur vie dans ce pays, les expatriés entre six mois et deux ans. Leur travail était d’une importance capitale pour tous ceux qui avaient fui sans rien pouvoir emporter le totalitarisme le plus meurtrier qui sévissait en Asie du Sud-Est.

Le Docteur Martine Clément, âgée de 27 ans et venant de Bordeaux, avait été envoyée en mission pour l’association Médecins sans frontières*. On la voit ici après un accouchement dans le camp de réfugiés de Khao-I-Dang.

 

* Source MSF : Médecins Sans Frontières est une association médicale humanitaire internationale, créée en 1971 à Paris par des médecins et des journalistes.

Depuis plus de quarante ans, Médecins Sans Frontières apporte une assistance médicale à des populations dont la vie ou la santé est menacée : principalement en cas de conflits armés, mais aussi d’épidémies, de pandémies, de catastrophes naturelles ou encore d’exclusion des soins. Toutes ces situations nécessitent des ressources médicales et logistiques adaptées.

Indépendante de tous pouvoirs politiques, militaires ou religieux, MSF agit en toute impartialité, après évaluation des besoins médicaux des populations. La garantie de l’indépendance de l’association s’enracine dans son financement, assuré par la générosité de ses donateurs privés. En France, en 2013, 95,8% des ressources de MSF étaient d’origine privée. Aucun fonds n’est accepté du gouvernement français.

 

Source Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9decins_sans_fronti%C3%A8res

L’ONG Médecins Sans Frontières a été créée le 20 décembre 1971 par des médecins français qui s’étaient rendus au Biafra avec la Croix-Rouge pour tenter d’y aider la population lors de la guerre qui avait opposé cette région indépendantiste au gouvernement central nigerian entre 1967 et 1970. Estimant que la politique de neutralité et de réserve de la Croix-Rouge avait été une erreur, ils voulurent fonder une association qui allierait aide humanitaire et actions de sensibilisation auprès des médias et des institutions politiques.

Bernard Kouchner, le plus médiatique de ses cofondateurs, a créé en premier lieu l’Organisation pour la lutte contre le génocide au Biafra, et l’année suivante, le Groupe d’intervention médicale et chirurgicale en urgence (GIMCU) qui envoie des volontaires suite au séisme péruvien de 1970 et à Amman en Jordanie après le massacre de Palestiniens, le GIMCU formant l’ossature de MSF. En même temps, le cyclone de Bhola frappe le Pakistan oriental, actuel Bangladesh, et fait près de 500 000 victimes.Raymond Borel et Philippe Bernier, directeur et journaliste du journal médical Tonus ont commencé à y envoyer les médecins, sous le nom de Secours médical français (SMF).

Bernard Kouchner a jugé qu’une association serait meilleure pour les deux organisations, et après quelques mois, MSF voit le jour.

À l’occasion de l’opération « Un bateau pour le Viêt-nam » en 1979, le cofondateur le plus connu du public, Bernard Kouchner, a défendu l’idée d’affréter un bateau avec des médecins et des journalistes pour témoigner des violations des Droits de l’homme dans ce pays et aussi pour évacuer les Vietnamiens qui avaient fui leur pays après que le Viêt Nam fut devenu un pays totalement communiste. Il s’ensuivit une violente querelle à l’origine d’une scission au sein de MSF, certains estimant l’opération vaine ou trop coûteuse, dont Xavier Emmanuelli, auteur d’une attaque violente dans Le Quotidien du médecin intitulée « Un bateau pour Saint-Germain-des-Prés »Bernard Kouchner quittera alors définitivement MSF et créera avec une quinzaine d’autres médecins l’organisation « Médecins du monde » en 1980.

 

 

 

 

http://alain-keler.tumblr.com/                  Journal d’un photographe.
Mercredi 6 février 1980.
La route est étroite. Au bout il y a un pont. Il marque la frontière entre la Thaïlande et le Cambodge. Il est impossible d’aller plus loin. Derrière se joue un des grands drames de l’histoire du vingtième siècle : le génocide cambodgien, quatrième génocide* du siècle. Trois organisateurs de la marche reçoivent la permission des autorités thaïlandaises d’aller jusqu’au pont.
Sur une autre photo prise avec un gros téléobjectif, on peut voir de l’autre côté une voiture en travers de la route ainsi que plusieurs khmers rouge qui regardent dans notre direction. Mais la frontière reste infranchissable.
« Cambodge : les marcheurs sont restés à la frontière.
La frontière cambodgienne ne s’est pas ouverte devant les participants de la marche pour la survie du Cambodge, destinée à faire parvenir des vivres et des médicaments dans ce pays. Joan Baez, Liv Ulmann, Bernard Henry Levy et le dissident soviétique Alexandre Guinsbourg étaient parmi les personnalités qui ont pris part à cette marche ». Légende Sygma.
Les people sont dans l’avion ! Si cela me déplait fortement, leur présence a servi à médiatiser cette marche, la presse ayant fortement focalisé sur eux. Mais c’est ainsi que fonctionne la médiatisation d’un événement. Certains « people » sont porteurs de vraies valeurs, d’autres ne cherchent qu’à faire parler d’eux. Je ne mets pas en cause la sincérité de Joan Baez ou de Liv Ulmann, mais parmi la foule venue de Paris, il y avait certaines personnalités de France que je qualifiais à l’époque de parisianistes.
Mercredi 8 octobre 2014.
Au bout de quarante cinq minutes de vélo, j’étais littéralement épuisé. Mais c’est une chose à laquelle je dois me tenir. Sur le chemin du retour, je me sentais merveilleusement bien. Du coup je me suis préparé pour mon déjeuner une plâtrée de coquillettes, au beurre et sel de Guérande, agrémentées de deux tranches de jambon. Comme lorsque j’étais enfant !

* http://bv.alloprof.qc.ca/h1116.aspx. Génocides au vingtième siècle
 Depuis que l’ONU a défini le génocide, trois massacres sont officiellement reconnus comme tels : le génocide arménien, le génocide des juifs effectué par les nazis et le génocide rwandais. Deux autres évènements, reconnus comme des génocides par plusieurs nations seront aussi décrits : les génocides du Cambodge et de l’Ukraine. 
Le génocide du Cambodge ne faisant aujourd’hui aucun doute, il ne reste dans l’esprit de l’ONU que celui de l’Ukraine organisé par Staline à définir comme tel.
Je rajouterai dans cette liste le génocide des tziganes, même s’il n’est pas reconnu comme tel par les instances internationales. 
Source : http://www.francetvinfo.fr/politique/un-genocide-c-est-quoi_42483.html•
Une définition émanant de l’ONU
Un génocide est un acte "commis dans l’intention de détruire, ou tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux", selon les termes de la convention des Nations unies du 9 décembre 1948. Cet acte peut être un meurtre, mais aussi une atteinte grave à l’intégrité mentale ou une mesure anti-natalité, l’essentiel étant que l’acte soit dirigé intentionnellement contre un groupe donné.
"Cette définition est imprécise, juge l’historien Yves Ternon sur Le Monde.fr, et il est préférable de la limiter à la destruction physique, massive d’une partie substantielle d’un groupe humain dont les membres sont tués pour leur appartenance à ce groupe.” 
Dès 1946, l’Assemblée générale des Nations unies avait donné une première définition du terme : "Le génocide est le refus du droit à l’existence de groupes humains entiers, de même que l’homicide est le refus du droit à l’existence à un individu."
•  Quatre génocides reconnus
Le génocide arménien de 1915, reconnu en 2001 par la France, est l’un des quatre génocides reconnus par les instances onusiennes. Le génocide des Juifs lors de la seconde guerre mondiale a été reconnu par la cour de Nuremberg en 1945 et a même servi de point de départ à la définition du terme. Depuis, le massacre des Tutsis au Rwanda en 1994 et le massacre de Srebrenica (Bosnie-Herzégovine) en 1995 ont été qualifiés de génocide par les Tribunaux pénaux internationaux pour le Rwanda et l’ex-Yougoslavie.
Les massacres perpétrés en Algérie pendant la colonisation française (un million et demi de civils tués pendant la guerre, selon l’Algérie, entre 300 000 et 460 000 selon les historiens ; ainsi que les morts résultants d’autres massacres comme celui de Sétif) ne sont pas reconnus par l’ONU ou ses instances comme constituant un génocide.
• Crimes de guerre et crimes contre l’humanité
Le statut de Rome du 17 juillet 1998 fondant la Cour pénale internationale reprend la définition du génocide de 1948. Ce crime est distingué de deux autres catégories de crimes "graves" relevant des compétences de la Cour.
Le crime contre l’humanité est ainsi "commis dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique lancée contre toute population civile et en connaissance de cette attaque".
Le crime de guerre a une acception encore plus large, et concerne les "violations graves des lois et coutumes applicables aux conflits armés dans le cadre établi du droit international".
 

http://alain-keler.tumblr.com/                  Journal d’un photographe.

Mercredi 6 février 1980.

La route est étroite. Au bout il y a un pont. Il marque la frontière entre la Thaïlande et le Cambodge. Il est impossible d’aller plus loin. Derrière se joue un des grands drames de l’histoire du vingtième siècle : le génocide cambodgien, quatrième génocide* du siècle. Trois organisateurs de la marche reçoivent la permission des autorités thaïlandaises d’aller jusqu’au pont.

Sur une autre photo prise avec un gros téléobjectif, on peut voir de l’autre côté une voiture en travers de la route ainsi que plusieurs khmers rouge qui regardent dans notre direction. Mais la frontière reste infranchissable.

« Cambodge : les marcheurs sont restés à la frontière.

La frontière cambodgienne ne s’est pas ouverte devant les participants de la marche pour la survie du Cambodge, destinée à faire parvenir des vivres et des médicaments dans ce pays. Joan Baez, Liv Ulmann, Bernard Henry Levy et le dissident soviétique Alexandre Guinsbourg étaient parmi les personnalités qui ont pris part à cette marche ». Légende Sygma.

Les people sont dans l’avion ! Si cela me déplait fortement, leur présence a servi à médiatiser cette marche, la presse ayant fortement focalisé sur eux. Mais c’est ainsi que fonctionne la médiatisation d’un événement. Certains « people » sont porteurs de vraies valeurs, d’autres ne cherchent qu’à faire parler d’eux. Je ne mets pas en cause la sincérité de Joan Baez ou de Liv Ulmann, mais parmi la foule venue de Paris, il y avait certaines personnalités de France que je qualifiais à l’époque de parisianistes.

Mercredi 8 octobre 2014.

Au bout de quarante cinq minutes de vélo, j’étais littéralement épuisé. Mais c’est une chose à laquelle je dois me tenir. Sur le chemin du retour, je me sentais merveilleusement bien. Du coup je me suis préparé pour mon déjeuner une plâtrée de coquillettes, au beurre et sel de Guérande, agrémentées de deux tranches de jambon. Comme lorsque j’étais enfant !

* http://bv.alloprof.qc.ca/h1116.aspx. Génocides au vingtième siècle

 Depuis que l’ONU a défini le génocide, trois massacres sont officiellement reconnus comme tels : le génocide arménien, le génocide des juifs effectué par les nazis et le génocide rwandais. Deux autres évènements, reconnus comme des génocides par plusieurs nations seront aussi décrits : les génocides du Cambodge et de l’Ukraine.

Le génocide du Cambodge ne faisant aujourd’hui aucun doute, il ne reste dans l’esprit de l’ONU que celui de l’Ukraine organisé par Staline à définir comme tel.

Je rajouterai dans cette liste le génocide des tziganes, même s’il n’est pas reconnu comme tel par les instances internationales.

Source : http://www.francetvinfo.fr/politique/un-genocide-c-est-quoi_42483.html•

Une définition émanant de l’ONU

Un génocide est un acte "commis dans l’intention de détruire, ou tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux", selon les termes de la convention des Nations unies du 9 décembre 1948. Cet acte peut être un meurtre, mais aussi une atteinte grave à l’intégrité mentale ou une mesure anti-natalité, l’essentiel étant que l’acte soit dirigé intentionnellement contre un groupe donné.

"Cette définition est imprécise, juge l’historien Yves Ternon sur Le Monde.fret il est préférable de la limiter à la destruction physique, massive d’une partie substantielle d’un groupe humain dont les membres sont tués pour leur appartenance à ce groupe.” 

Dès 1946, l’Assemblée générale des Nations unies avait donné une première définition du terme : "Le génocide est le refus du droit à l’existence de groupes humains entiers, de même que l’homicide est le refus du droit à l’existence à un individu."

  Quatre génocides reconnus

Le génocide arménien de 1915, reconnu en 2001 par la France, est l’un des quatre génocides reconnus par les instances onusiennes. Le génocide des Juifs lors de la seconde guerre mondiale a été reconnu par la cour de Nuremberg en 1945 et a même servi de point de départ à la définition du terme. Depuis, le massacre des Tutsis au Rwanda en 1994 et le massacre de Srebrenica (Bosnie-Herzégovine) en 1995 ont été qualifiés de génocide par les Tribunaux pénaux internationaux pour le Rwanda et l’ex-Yougoslavie.

Les massacres perpétrés en Algérie pendant la colonisation française (un million et demi de civils tués pendant la guerre, selon l’Algérie, entre 300 000 et 460 000 selon les historiens ; ainsi que les morts résultants d’autres massacres comme celui de Sétif) ne sont pas reconnus par l’ONU ou ses instances comme constituant un génocide.

• Crimes de guerre et crimes contre l’humanité

Le statut de Rome du 17 juillet 1998 fondant la Cour pénale internationale reprend la définition du génocide de 1948. Ce crime est distingué de deux autres catégories de crimes "graves" relevant des compétences de la Cour.

Le crime contre l’humanité est ainsi "commis dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique lancée contre toute population civile et en connaissance de cette attaque".

Le crime de guerre a une acception encore plus large, et concerne les "violations graves des lois et coutumes applicables aux conflits armés dans le cadre établi du droit international".